Dans la lignée des pays autres pays européens, le Danemark votera une résolution demandant au gouvernement de reconnaitre l’Etat de la Palestine et d’établir des relations diplomatiques avec les Palestiniens.

Le Parlement danois tiendra le premier débat le 11 décembre, et votera début janvier, selon l’EU Observer.

« Le Parlement ordonne au gouvernement de reconnaître la Palestine comme un Etat souverain et indépendant dans les frontières définies avant 1967, et, par extension, pourvoir à l’Etat de la Palestine les pleins droits diplomatiques », peut-on lire dans le texte.

Les trois partis de gauche – Socialist People’s Party [le parti socialiste du peuple], Red-Green Alliance [l’Alliance rouge-verte], et l’Inuit Ataqatigiit du Groenland – se sont réunis pour présenter cette proposition.

Le ministre des Affaires étrangères, Martin Lidegaard, soutient que ce n’est pas le bon moment.

« Les positions des Etats membres évoluent. Cela, à mon sens, a du sens car le processus de paix ne progresse pas », a-t-il affirmé. « Le Danemark finira par reconnaître la Palestine, mais ce n’est pas encore le bon moment ».

« Israël continue, de manière inacceptable, à étendre leurs implantations illégales et de ce fait, minent les possibilités de la mise en place de la solution à deux Etats », accuse-t-il. « Les probabilités que l’UE se réunisse et influence le conflit seraient plus élevées si nous considérions l’éventualité de prendre des actions contre les implantations ».

L’une des personnes qui a présenté cette proposition, le socialiste Holger Nielsen, n’est pas optimiste sur les chances de la reconnaissance.

« Je ne pense pas que nous obtiendrons la majorité, mais au moins, il y aura un débat », a-t-il nuancé.

L’ancien ministre des Affaires étrangères a aussi ajouté qu’il avait été inspiré par le vote suédois qui reconnaît la Palestine.

Un porte-parole de l’ambassade de l’UE en Israël a indiqué à l’EUObserver que la reconnaissance creuse le fossé entre les deux parties, et envoie le message que les « négociations sont futiles ».

De plus, ajoute-t-elle, cette manœuvre nuit à l’image de l’UE aux yeux des Israéliens.

L’information au sujet du vote danois survient au moment même où de nombreux dirigeants et de législateurs européens appellent à la reconnaissance unilatérale de l’Etat palestinien.

Mercredi, la nouvelle chef des affaires étrangères de l’UE, Federica Mogherini, a appelé Israël et les Palestiniens à reprendre les négociations de paix directes, alors que le Parlement européen débattait de la reconnaissance d’un Etat palestinien.

« Le sentiment d’urgence s’intensifie en l’absence d’un contexte politique », a déclaré Mogherini aux législateurs au début d’un débat, qu’elle qualifie d’ « opportun ». « Il faut un dialogue direct ».

Lors du débat de mercredi, les membres du Parlement européen semblaient fortement divisés sur la position à adopter. Un député a défini Israël comme « un État de tueurs d’enfants et de voleurs de terres », tandis qu’un autre a assimilé un Etat palestinien au groupe terroriste de l’Etat islamique.

Le vote, initialement prévu jeudi, a été reporté à décembre.

Le 30 octobre, la Suède est devenue le premier pays d’Europe occidentale de l’Union européenne à reconnaître un Etat palestinien. Depuis lors, les législateurs en Grande-Bretagne, l’Espagne et l’Irlande ont approuvé des motions non-contraignantes exhortant leur gouvernement à reconnaitre la Palestine. Les législateurs français ont débattu d’un projet similaire vendredi.

La tendance en faveur de la reconnaissance alarme et suscite l’approbation parmi la population israélienne. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a averti mardi que cette initiative encouragerait les Palestiniens à « durcir leurs positions » et que cela rendrait encore plus difficile la signature d’un accord de paix.

D’autres Israéliens affirment que les actions des Européens, et l’effet boule de neige qu’elles pourraient entraîner, pourraient obliger leur pays à revenir à la table des négociations avec les Palestiniens et les forcer à discuter sur les questions de fond.

« Sans la pression européenne, rien ne bougera ici », a déclaré Alon Liel, un ancien directeur du ministère des Affaires étrangères d’Israël.

L’Allemagne, le plus proche allié européen d’Israël et membre le plus puissant de l’UE, est un des principaux opposants à la reconnaissance d’un Etat palestinien avant qu’Israël ne le fasse. Faire cela, affirment les autorités allemandes, ferait plus de mal que de bien.

La motion du Parlement britannique en faveur de la reconnaissance a été adoptée à 274 voix contre 12 avec le soutien des deux grands partis. Cependant, le Premier ministre David Cameron et d’autres membres du gouvernement se sont abstenus. Les législateurs ont soutenu qu’ils espéraient que le vote aiderait à réamorcer le processus de paix.

Sans débat, la chambre haute du parlement de l’Irlande a adopté sa résolution après le sénateur Averil Power du parti centre-droit Fianna Fail a exhorté à envoyer un signe clair de soutien au peuple palestinien « après la dernière attaque d’Israël sur Gaza ».

Rosa Balfour, la directrice pour l’Europe dans le programme mondial à l’European Policy Center, un groupe de réflexion basé à Bruxelles, a déclaré que Mogherini, l’ancienne ministre des Affaires étrangères italienne, semble s’être personnellement engagé à essayer de parvenir à un accord de paix israélo-palestinien.

« Elle et l’UE voient ce conflit comme étant au cœur de la politique étrangère européenne », a déclaré Balfour.

Négociés par les Etats-Unis, des pourparlers de paix israélo-palestiniennes avaient été lancés en juillet 2013, mais se sont effondrés en avril. Les tensions et de la violence se sont à nouveau accrus de façon spectaculaire au cours de ces dernières semaines.

La communauté internationale d’inquiète de la série d’attaques terroristes meurtrières menées par les Palestiniens en Israël et des émeutes à Jérusalem-Est. Elle se préoccupe aussi de l’impasse dans laquelle les pourparlers de paix se trouvent. Tous ces éléments alimentent la peur d’une autre explosion de violences après la guerre entre Israël et le Hamas plus tôt cette année.

L’AFP et l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.