Alors que la plus importante banque danoise, Danske Bank, projette un éventuel boycott des institutions financières israéliennes implantées en Cisjordanie, l’ambassade danoise demeure, quant à elle, un fidèle client de l’une des plus importantes banques israéliennes, selon l’ambassadeur danois en Israël.

« En effet, l’ambassade a un compte à la Bank Hapoalim, et nous n’envisageons pas, en ce moment, de changer, » a dit l’ambassadeur Jesper Vahr, cité dans le site d’informations hébreu Walla. « Il s’agit d’une décision indépendante de la banque, et le gouvernement du Danemark n’a rien à voir avec ça. La banque prend ces décisions indépendamment. »

Selon un responsable au ministère des Affaires étrangères, cette situation souligne un des plus gros problèmes du boycott.

« Ces décisions sont celles de compagnies privées qui travaillent au sein d’une économie libre, et elles seules, décident où investir leur argent, » a dit le responsable. « Ceci est précisément le plus gros problème des boycotts. Quand nous parlons de décisions gouvernementales, il y a toujours quelqu’un à qui parler. Mais quand nous parlons de compagnies privées, alors nous ne pouvons rien faire. »

La banque suédoise « Nordea » et la banque danoise « Danske », sont les deux plus importants établissements bancaires de leur pays respectifs, et sont en outre, considérés comme deux des plus importantes institutions financières en Europe – avec plus de 16 millions de clients à travers tout le continent. Ces banques détiennent aussi des milliards de dollars d’actifs.

Selon le site d’informations Walla, la banque danoise « Danske » a récemment mis à jour la liste des entreprises avec lesquelles elle a l’intention de continuer à travailler. Ainsi, cette liste exclut la banque israélienne Hapoalim, qui possède plusieurs branches situées au-delà de la Ligne verte, dans les implantations juives et qui a aussi investi dans de nombreux projets dans l’ensemble de la Cisjordanie.

Tandis que la banque suédoise « Nordea » a exigé que les banques israéliennes Leumi et Mizrahi Tefaot publient immédiatement leurs activités opérées en Cisjordanie.

Un communiqué officiel publié, il y a deux semaines, par la banque suédoise, fait référence aux craintes concernant « d’éventuelles violations des normes internationales » que les banques israéliennes auraient commis.

Le guide des instructions publié par l’Union européenne en juillet dernier, interdit le financement européen et la collaboration avec les institutions israéliennes établies ou opérant au-delà de la Ligne verte.

Une autre exigence y est signalée, selon laquelle, tous les futurs accords passées entre Israël et l’Union européenne devra inclure une clause qui stipule qu’Israël accepte l’idée que nuls territoires situés au-delà de la Ligne verte ne lui appartient.

En décembre dernier, la compagnie des eaux néerlandaises Vitens, qui fournit 5.4 millions de personnes aux Pays-Bas, a annoncé qu’elle allait mettre fin aux collaborations entreprises avec son homologue israélien Mekorot, en signe de protestation des activités des sociétés israéliennes en Cisjordanie.

« La compagnie est arrivée aux conclusions qu’il serait difficile de développer des partenariats ensemble, étant donné que ces partenariats ne peuvent pas être dissociés de leur contexte politique. Nous obéissons au droit international, » peut-on lire dans un communiqué de la société néerlandaise.

Toujours en décembre, l’agence du Commerce et de l’Investissement britannique a découragé les entreprises britanniques à faire des affaires avec des entreprises situées ou associées aux implantations de Cisjordanie.

L’agence a mis en garde les entreprises « des risques évidents liés aux activités économiques dans les colonies », qui sont, « illégales au regard du droit international, constituent un obstacle à la paix et menacent de rendre, une solution à deux Etats, impossible. »

Le rapport exhorte les entreprises qui envisagent une implication économique et financière dans les implantations, à demander une aide juridique. Il souligne « les éventuelles conséquences sur leur réputation », qui pourraient résulter de leurs collaborations avec des entreprises situées au-delà de la Ligne verte, ainsi que « des éventuelles violations des droits des individus. »