Alors que le grand rabbin de l’armée israélienne Rafi Peretz n’avait pas encore officiellement confirmé la mort de Hadar Goldin, il semblait évident, suite à la conférence de presse du Premier ministre Benjamin Netanyahu samedi soir, que les nouvelles ne seraient pas bonnes sur le sort de l’officier de la brigade Givati.

Netanyahu a affirmé qu’il compatissait avec la famille Goldin – avec laquelle il devait s’entretenir par la suite – et que « l’Etat d’Israël continuera à faire tout son possible pour ramener à la maison ses soldats portés disparus ». Il était évident qu’il ne désirait pas s’attarder sur la question.

Peu de temps avant son intervention, la famille Goldin – les parents, les frères, la sœur et la fiancée de Hadar, Edna – s’étaient rassemblés devant la maison familiale à Kfar Saba pour prier les dirigeants israéliens de ne pas abandonner l’officier de 23 ans à Gaza.

Vendredi et samedi, une opération militaire majeure était partie à la recherche de Goldin, enlevé lors d’une attaque du Hamas près de Rafah vendredi matin. Mais samedi soir, deux heures après la conférence de Netanyahu, un comité dirigé par Peretz a établi, sur la base de « trouvailles sur le terrain », que Goldin avait été tué, et l’a qualifié de soldat tombé dont le lieu de sépulture est inconnu.

Netanyahu, qui a utilisé la conférence de presse pour détailler la manière dont l’opération Bordure protectrice sera désormais menée, sait à présent qu’il n’a pas abandonné Goldin.

Démentant avec virulence les rumeurs disant qu’il annoncerait la fin de l’offensive contre le Hamas, Netanyahu a commencé la conférence de presse de Tel-Aviv avec les termes : « L’armée israélienne continue d’opérer avec force pour atteindre les objectifs de l’opération : restaurer le calme et la sécurité pour une longue période pour les citoyens d’Israël », tout en infligeant des dommages importants aux infrastructures terroristes.

Et pourtant, son intervention devait marquer le début de la phase de clôture de l’opération. Les Forces de défense israéliennes rappellent la plupart des soldats des points de friction des zones urbaines de Gaza, laissant des troupes dans la zone de Rafah uniquement.

Israël a détruit, ou est en train de détruire, plus de 30 grands tunnels terroristes du Hamas mis au jour. Le renseignement avait connaissance de la plupart d’entre eux avant le début de l’opération Bordure protectrice, et en a trouvé plusieurs autres. Il ignore s’il en existe de nouveaux.

Au-delà des efforts pour localiser Goldin, rester à Gaza et mettre en péril la vie des soldats est inutile, ont conclu Netanyahu et ses collègues.

« Jusqu’à présent, l’armée israélienne affiche des gains très importants dans les combats », a assuré le Premier ministre, s’abstenant toutefois de prononcer un discours de victoire.

« Depuis le début de l’opération, nos forces ont attaqué et détruit des milliers de cibles terroristes : centres de commandement, arsenaux et installations de production de roquettes, sites de lancement, élimination de plusieurs centaines de terroristes, etc. Nos soldats font preuve d’un héroïsme extraordinaire. Ils ont démontré leur bravoure dans des opérations très impressionnantes et audacieuses de l’armée israélienne. »

Avec le retrait des troupes de la bande de Gaza, sans entamer de négociations sur un cessez-le feu, le Premier ministre veut priver le Hamas d’un succès concret immédiat. En 2012, le cessez-le feu qui a mis fin l’opération Pilier de défense exigeait « l’ouverture des passages [vers Gaza] et la facilitation de la circulation des personnes et des biens, et la libre-circulation des résidents. »

Cette fois, Netanyahu n’envoie pas d’équipe au Caire pour négocier un cessez-le feu avec le Hamas. Le Hamas a délibérément violé la trêve de 72 heures de vendredi initiée par l’ONU et les États-Unis. Pourquoi essayer de négocier un autre accord avec un groupe terroriste en qui on ne peut faire confiance ?

Israël était prêt à négocier avec le Hamas, par l’intermédiaire de médiateurs américains et égyptiens. Mais alors que le groupe terroriste a une nouvelle fois prouvé qu’il n’était pas intéressé à respecter de cessez-le-feu, Jérusalem perd patience. Les dirigeants israéliens espèrent avoir créé suffisamment de force de dissuasion pour assurer l’arrêt des tirs de roquettes… ou des raids à travers des tunnels non détectés. Ils espèrent que le 1,7 million de Gazaouis ne laisseront pas le Hamas opérer un nouveau round de destruction à leurs dépens.

Mais que faire si les roquettes continuent de tomber alors même qu’Israël atténue son opération ? Le Hamas a raillé la conférence de presse de Netanyahou, alléguant qu’ [Israël] n’avait aucun gain significatif à célébrer.

Le Premier ministre a maintes fois promis de ne pas mettre fin à l’opération avant que le calme ne soit rétabli, et l’a répété samedi soir. Après avoir terminé son éradication des tunnels, « Tsahal se prépare à une action ininterrompue, en fonction des besoins sécuritaires, et seulement en fonction des besoins sécuritaires, jusqu’à atteindre l’objectif d’assurer le calme chez vous, citoyens d’Israël », a-t-il pointé. Interrogé sur les appels de certains ministres à détruire le Hamas et reprendre Gaza, il a simplement répondu que « toutes les options » restaient ouvertes.

Netanyahu ne pouvait guère laisser les tirs de se poursuivre sans réagir. Mais plutôt que de poursuivre une opération terrestre, au cours de laquelle 64 soldats ont déjà perdu la vie, l’armée israélienne aura probablement recours à la stratégie relativement sûre des frappes aériennes.

Chaque fois qu’une roquette est tirée sur Israël, l’armée de l’air répliquera, jusqu’à ce que les tirs de roquettes cessent.

Si la capacité du Hamas de lancer des missiles à longue portée en grand nombre semble avoir été considérablement réduite, les roquettes pourraient bien continuer de tomber sur le sud d’Israël dans les prochaines heures, voire les prochains jours. Si les tirs de roquettes s’estompent, Netanyahou pourrait annoncer que les objectifs de l’opération Bordure protectrice ont été atteints.

Mais, comme il l’a lui-même reconnu, il y a encore à faire. Le Premier ministre a remercié les États-Unis de reconnaître la nécessité de désarmer le Hamas. Et il a exhorté la communauté internationale à relier la réhabilitation de Gaza à sa démilitarisation.

Ce processus pourrait réellement assurer un calme durable pour Israël, du moins en ce qui concerne la menace venant de Gaza. Netanyahu a parlé de nouvelles opportunités qui pourraient se présenter avec d’autres pays dans la région après ce conflit. Israël devra tirer profit au mieux de ces opportunités pour installer une période d’accalmie de longue haleine.