Abraham Foxman, directeur national de l’Anti-Defamation League, a exhorté le Premier ministre Benjamin Netanyahu à annuler son discours prévu au Congrès le 3 mars, après le tumulte et les tensions suscités entre Israël et les Etats-Unis.

Netanyahu devrait avertir qu’un accord avec l’Iran lui permettra de devenir un Etat de seuil nucléaire.

Le calendrier, les modalités et le contenu de son intervention ont provoqué la colère de l’administration Obama.

Foxman, leader juif américain de premier plan, a déclaré que si les mises en garde de Netanyahu sur l’Iran étaient sérieuses, la fureur politique a « transformé le tout en cirque ».

« Il est temps de recalibrer, redémarrer et trouver une nouvelle plate-forme et un nouveau calendrier pour éviter les distractions », a déclaré Foxman au quotidien juif The Forward vendredi.

Malcolm Hoenlein, vice-président exécutif de la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines, quant à lui, a minimisé les appréhensions sur nouvelles tensions dans les relations israélo-américaines suite au discours.

« Israël ne peut être une question partisane, » dit Hoenlein. « Je ne pense pas que le discours du Premier ministre suscitera des troubles. Il ne vient pas pour attaquer le président ou prendre parti ».

Le bureau du vice-président Joe Biden a annoncé vendredi qu’il ne participerait pas à la réunion du congrès, car il sera en visite à l’étranger.

Le président Barack Obama et le secrétaire d’Etat américain John Kerry ont déclaré peu après l’annonce du discours le 20 janvier qu’ils ne rencontreraient pas Netanyahu lors de sa visite, mentionnant la proximité des élections israéliennes du 17 mars.

Selon la Dixième chaîne vendredi, quelque 40 législateurs démocrates devraient ne pas assister à son intervention. Samedi, le chiffre est monté à 60 législateurs.

En Israël, le chef de l’opposition et du camp sioniste (la liste commune Travaillistes-Hatnua) Isaac Herzog a également appelé Netanyahu à annuler ses projets, sous prétexte que l’antagonisme causé à Washington est trop important.

Netanyahu reste déterminé à prononcer son discours, soulignant les dangers d’une entente qui accorderait à l’Iran le statut d’Etat de seuil nucléaire, mais s’efforce « d’adoucir » la colère de l’administration Obama, et de nombreux démocrates, précisant qu’il croyait que l’invitation du président de la Chambre John Boehner était vraiment bipartite, selon le rapport télévisé.