Dans The Atlantic, Jeffrey Goldberg affirme que le discours s’adressait principalement à l’administration Obama et aux électeurs israéliens.

« Le discours avait deux objectifs, dont aucun n’était l’ayatollah Khamenei, le Guide suprême iranien », écrit-il.

« La première série d’objectifs concernait le président Obama, son secrétaire d’État John Kerry, et la négociatrice en chef de Kerry sur l’Iran, Wendy Sherman. Netanyahu les a tous qualifiés, sans les nommer, de désespérément et inexorablement naïfs face au mal… Le deuxième objectif était la partie conservatrice de l’électorat israélien, qui est, comme la plupart du reste de la population israélienne, lassée de Netanyahu ».

Dans l’ensemble, « Netanyahu a peut-être réussi à mettre Obama sur la défensive, » écrit Goldberg.

« Il y a une chance raisonnable que ce discours soit oublié dans un mois. Il y a aussi une chance raisonnable que Netanyahu rende la mission d’Obama plus difficile. »

Au New York Magazine, un Jonathan Chait plus pugnace accuse Netanyahu d’être un « homme sans plan », affirmant que tout au long de son discours, le Premier ministre « n’a pas évoqué la moindre meilleure alternative » aux pourparlers nucléaires.

« Le manque de cohérence stratégique de Netanyahu reflète un modèle provocateur et d’apitoiement sur soi typique de la pensée juive. (Leon Wieseltier l’a brillamment disséqué il y a une douzaine d’années.) Il assimile les uns aux autres tous les ennemis stratégiques du peuple juif, dans un long débit historique entremêlé. Ils partagent tous le même objectif, l’éradication totale du peuple juif, des rois perses de l’histoire de Pourim via Hitler et n’importe quel ennemi géopolitique qui a affronté Israël à un moment donné », écrit-il.

Dans le Washington Post, Paul Waldman critique l’amalgame fait dans le discours des divers groupes terroristes, relégués dans la catégorie générale de l’islam militant, et qualifie l’approche de la politique étrangère de Netanyahu d’ « absurde ».

« C’est-là la perspective républicaine de la politique étrangère, aujourd’hui plus que jamais : uniquement du noir et blanc, pas de complexité, aucun compromis, et tous les ennemis sont les mêmes », écrit-il.

Waldman conteste la suggestion du Premier ministre que les États-Unis quittent les pourparlers, espérant que l’Iran capitulera.

« C’est sa solution de rechange : ne rien faire, et alors, au lieu de simplement continuer à développer des armes nucléaires, l’Iran verra la lumière et inversera totalement tout ce qu’il fait. Qualifier cette position d’ ‘ absurde’ est trop charitable. Nul besoin d’être une sorte de prodige de la politique étrangère pour comprendre qu’il y a quelque chose de bizarre dans l’argument que 1) l’Iran est une nation dirigée par des maniaques génocidaires ; 2) ils veulent des armes nucléaires pour détruire Israël ; et 3) la meilleure façon d’arrêter est d’abandonner les négociations entreprises pour limiter leur programme nucléaire et d’attendre simplement de voir ce qu’ils feront. Mais c’est la position à laquelle adhèrent Netanyahu et ses partisans au sein du Parti républicain. »