Les principales factions palestiniennes ont annoncé mardi à Moscou avoir trouvé un accord sur la formation d’un gouvernement d’union nationale avant la tenue d’élections, au terme de trois jours de pourparlers de réconciliation sous les auspices de la Russie.

« Après notre réunion à Moscou, nous sommes tombés d’accord pour nous adresser dans un délai de 48 heures (au président de l’Autorité palestinienne) Mahmoud Abbas pour lancer des consultations sur la création d’un gouvernement » d’union nationale, a indiqué lors d’une conférence de presse l’un des dirigeants du Fatah, Azzam al-Ahmad, selon des propos traduits de l’arabe en russe.

La formation de ce gouvernement d’union nationale doit précéder celle d’un Conseil national comprenant des représentants palestiniens en exil et la tenue d’élections.

« Aujourd’hui, les conditions pour (une telle initiative) sont meilleures que jamais », a ajouté M. al-Ahmad.

Des représentants du Fatah, des groupes terroristes du Hamas, du Jihad islamique et d’autres factions palestiniennes ont mené depuis dimanche à Moscou des consultations non-officielles destinées à rétablir « l’unité du peuple palestinien ».

Sergey Lavrov, (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Sergey Lavrov, (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Ils ont également été reçus lundi par le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et lui ont notamment demandé de faire tout son possible pour « décourager » le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, comme le promet le président élu Donald Trump.

« Nous avons senti de la compréhension de la part de M. Lavrov », a indiqué M. al-Ahmad, fustigeant par ailleurs l’incapacité du Quartet (Etats-Unis, Russie, UE, ONU) à faire avancer le règlement du conflit israélo-palestinien.

« Le travail du Quartet a complétement échoué. Il n’a pas pu faire avancer les décisions prises par la communauté internationale, y compris les résolutions » de l’ONU, a-t-il déclaré.

« Il est impératif de trouver un nouveau mécanisme de travail sur le conflit israélo-palestinien », a-t-il ajouté.

« La Russie peut jouer un rôle substantiel (dans la région) », a abondé Moussa Abou Marzouk, un haut responsable du groupe terroriste palestinien du Hamas, affirmant ne plus vouloir travailler avec le Quartet mais avec chaque pays et organisation de manière individuelle.

L'ambassadeur de l'Autorité palestinienne en Russie Abed al-Hafeez Nofal, à gauche, et le responsable du Hamas Moussa Abu Marzouk, en conférence de presse à Moscou, le 17 janvier 2017. (Crédit : Alexander Nemenov/AFP)

L’ambassadeur de l’Autorité palestinienne en Russie Abed al-Hafeez Nofal, à gauche, et le responsable du Hamas Moussa Abu Marzouk, en conférence de presse à Moscou, le 17 janvier 2017. (Crédit : Alexander Nemenov/AFP)

Depuis la guerre fratricide entre Fatah et Hamas en 2007, la division entre Cisjordanie et Gaza empêche la tenue de toute élection conjointe.