Les autorités fédérales américaines ont annoncé mercredi qu’elles lançaient une enquête officielle sur une vague de menaces à la bombe contre des institutions juives de tous le pays des deux dernières semaines. Au moins 32 centres juifs de 16 états ont été menacés mercredi.

Le FBI a annoncé que le bureau et la division des droits civiques du département de la Justice enquêtaient sur « de possibles violations des droits civiques en lien avec les menaces ». Le communiqué du siège de l’agence, à Washington, n’a pas caractérisé les menaces citées.

« Le FBI collectera tous les faits et preuves disponibles, et garantira que le sujet fait l’objet d’une enquête juste, minutieuse, et impartiale », a déclaré le bureau dans un communiqué.

L’Association des centres communautaires juifs d’Amérique du Nord a annoncé qu’elle travaillait avec les centres communautaires du monde entier et avec les forces de l’ordre pour « assurer que les centres peuvent servir leur communauté en toute sécurité. » L’association a remercié de leur « réponse rapide et consciencieuse les forces de l’ordre locales et fédérales. »

Les menaces de mercredi ont eu lieu une semaine après une première vague de menaces. Seize institutions du nord est et du sud des Etats-Unis ont reçu des menaces à la bombe le 9 janvier, et des centaines de personnes ont été évacuées. Toutes ces menaces se sont révélées fausses.

Le centre communautaire juif d'Albany temporairement évacué suite à une alerte à la bombe, le 18 janvier 2017. (Crédit : capture d'écran Twitter via JTA)

Le centre communautaire juif d’Albany temporairement évacué suite à une alerte à la bombe, le 18 janvier 2017. (Crédit : capture d’écran Twitter via JTA)

L’Anti-Defamation League (ADL) a déclaré mercredi avoir reçu des informations sur des menaces dans les états suivants : New York, New Jersey, Ohio, Floride, Massachusetts, Maryland, Michigan, Minnesota, Delaware, Connecticut, Alabama, Californie, Maine, Tennessee, Caroline du Sud, Missouri, Texas et Kansas.

Les menaces à la bombe du 9 janvier provenaient d’appels téléphoniques qui auraient été automatisés, alors que ceux passés mercredi étaient en direct, selon les médias.

L’Association des centres communautaires juifs d’Amérique du Nord a déclaré être « préoccupée par l’antisémitisme de ces menaces. Même si les bombes en question étaient des canulars, les appels ne l’étaient pas. »

Paul Goldenberg, directeur du Secure Community Networks, une branche des Fédérations juives d’Amérique du Nord qui conseille les institutions et associations juives sur les questions de sécurité, a déclaré que des menaces à la bombe avaient eu lieu dans des centres communautaires, des écoles et d’autres institutions de Miami, d’Edison (New Jersey), de Cincinnati, de l’Alabama et de la côte ouest.

De nouvelles informations citaient également des menaces à Albany (New York), Nashville, dans les banlieues de Boston et Detroit, à West Hartford (Connecticut), et dans la région d’Orlando.

L’évacuation des institutions dépend des pratiques des polices locales, a déclaré Goldenberg.

« C’est la deuxième salve en dix jours, nous demandons aux personnes de s’assurer de rester en contact avec leur police locale », a-t-il déclaré.

Dans beaucoup de cas, les appels de mercredi étaient en direct, a déclaré Goldenberg, contrairement à la première vague de menaces.

Les opérations du centre communautaire Gordon, à Nashville, sont revenues à la normale environ une heure après un appel affirmant qu’une bombe était placée dans le bâtiment, a déclaré Mark Freedman, directeur exécutif de la Fédération juive de Nashville. Une voix de femme a annoncé la présence de la bombe, mais il n’a pas été précisé si l’appel était en direct ou enregistré, a-t-il déclaré à JTA.

Il a déclaré que la communauté, déjà ciblée dans la série de menaces de la semaine dernière, ne serait pas intimidée par les incidents, qu’il a caractérisés de « terrorisme par téléphone ».

« Ces personnes, qui qu’elles puissent être, qui font ces menaces, essaient d’intimider, de créer de l’angoisse et de la peur, et nous allons faire ce que devons faire pour assurer la sécurité de nos membres et électeurs, mais nous n’allons pas leur donner ce qu’elles essaient de créer, qui est de nous éloigner de nos institutions », a-t-il déclaré.

« C’est clairement un schéma d’intimidation, et cela va probablement continuer dans le climat actuel que nous avons dans ce pays, où des groupes de haine ont le sentiment qu’ils peuvent s’en prendre aux membres de la communauté. »

Les menaces à la bombe de mercredi sont l’incident le plus récent d’une hausse de l’antisémitisme aux Etats-Unis. L’Anti-Defamation League (ADL) a publié l’année dernière un rapport montrant une hausse de l’antisémitisme sur Twitter, ainsi qu’un pic des crimes racistes après l’élection présidentielle de novembre.

Elise Jarvis, directrice associée de la sécurité communautaire de l’ADL, a annoncé anticiper plus d’évènements de ce genre dans le futur.

« Ces choses se produisent souvent par cycles, a-t-elle déclaré mercredi à JTA. Toutes ces choses, quand vous les rassemblez, dépeignent un tableau intense. »

Des agences ont contribué à cet article.