Le FBI a réouvert une enquête sur l’assassinat en 1973, d’un diplomate israélien, après qu’un journaliste a découvert de nouvelles pistes.

Le Colonel Yosef Alon était attaché militaire dans le Maryland lorsqu’il a été tué par balle le 1er juillet 1973 alors qu’il descendait de sa voiture garée sur l’allée menant à son domicile.

L’affaire a été récemment réouverte après la prise de contact d’un journaliste d’investigation, Adam Goldman, avec Ilich Ramírez Sánchez — connu sous le nom de Carlos le Chacal – qui avait remplacé Mohamed Boudia à la tête du Front Populaire de Libération de la Palestine, a rapporté le New York Times.

Le jour de l’assassinat, la Voix de la Palestine, basée au Caire, avait clamé qu’Alon avait été ciblé en représailles du meurtre de Boudia par Israël, survenu deux jours plus tôt. Le FBI soupçonnait que des terroristes arabes étaient derrière l’assassinat d’Alon avant de refermer l’enquête, en 1976.

Toutefois, le témoignage de Carlos le Chacal a pointé du doigt des meurtriers américains liés au mouvement terroriste, la Voix de la Palestine.

Sur la base des informations collectées par Goldman et d’un article antérieur sur le sujet, l’agent du FBI Eugene Casey a interviewé Carlos le Chacal qui purge actuellement une peine de réclusion à perpétuité dans un établissement pénitencier français.

Le Chacal a déclaré que la mort d’Alon n’était pas imputable à des terroristes palestiniens mais plutôt à des vétérans de la guerre du Vietnam qui auraient agi à la demande d’un membre syrien du groupe terroriste appelé Septembre Noir – le groupe responsable du meurtre des 11 athlètes israéliens lors des Jeux Olympiques de Munich en 1972.

Casey, tout d’abord sceptique, a finalement apporté du crédit à cette version soumise par Carlos le Chacal.

La fille d’Alon, Rachel Alon-Margalit, a salué ces nouvelles mais a accusé Israël de ne pas s’être soucié du sort de son père depuis toutes ces années.

“Nous sommes contents de la réouverture de ce dossier”, a indiqué Alon-Margalit au site d’information Ynet. « C’est un mystère avec lequel nous vivons depuis de nombreuses années, et je suis surprise de voir qu’il s’agit d’une enquête du FBI et qu’elle n’est pas dirigée par les autorités israéliennes. »

Elle a confié avoir eu le sentiment que le gouvernement israélien avait abandonné son père en raison de la guerre de Yom Kippour de 1973 et des autres épreuves auxquelles Israël doit faire face de façon régulière.

“Trois mois après la mort de mon père, la guerre de Yom Kippour a éclaté, ce qui représente un traumatisme national bien plus important”, a-t-elle ajouté.

« Et malheureusement, la vie ici est pleine de nouvelles tragédies et de nouveaux traumatismes, les nouveaux évacuent les anciens, et c’est ainsi que la famille Alon a été oubliée. Lorsque ma mère était encore en vie, elle avait essayé, comme nous l’avons fait aussi, de faire réouvrir l’enquête et de ne pas laisser les choses en l’état, mais les portes s’étaient refermées devant elle ».

Interrogée sur la raison qui, selon elle, explique le manqué d’intérêt porté à cette enquête par les autorités israéliennes, elle a répondu : “Peut-être que ce n’est pas intéressant. Peut-être que ça compliquerait les choses avec les Américains. Peut-être que Joe Alon a fait ce qu’il devait faire et qu’à partir de là, au revoir et merci”.

Alon avait reçu cinq balles alors qu’il sortait de sa voiture, revenant chez lui après un dîner aux environs d’une heure du matin. Il avait servi pendant presque 3 ans à son poste diplomatique et devait retourner en Israël le mois suivant.

En tant que pilote et fondateur des forces aériennes israéliennes, son mandat consistait à s’assurer que l’état juif recevait les meilleurs avions et les technologies les plus récentes de la part des Etats Unis.

Dans “Chasing Shadows,” un livre consacré à ce meurtre, Fred Burton écrivait qu’Alon avait été assassiné par un terroriste issu du groupe de Septembre Noir qui a lui-même été tué par le Mossad en 2011.

Une théorie qui, selon Casey, l’agent du FBI, n’a jamais été vérifiée.