Le festival de Dubaï sacre des films sur les maux du Moyen-Orient
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Le festival de Dubaï sacre des films sur les maux du Moyen-Orient

"Wajib", un film sur un Palestinien vivant à Rome, qui rentre à Nazareth pour aider son père, a été récompensé au festival

Salle intérieure d'un cinéma (Crédit : Saliko/Wikimedia communs/Domaine public)
Salle intérieure d'un cinéma (Crédit : Saliko/Wikimedia communs/Domaine public)

Des films sur les tourmentes actuelles du Moyen-Orient, de la détresse des Yazidis au sort peu enviable des Syriens au Liban en passant par le déracinement des Palestiniens, ont été récompensés mercredi au festival de Dubaï.

« Sabyea » (terme coranique pour concubine), court-métrage de l’Irakien Dhyaa Joda, a remporté le prix spécial du jury avec sa description des persécutions infligées aux Yazidis par le groupe Etat islamique (EI).

En 2014, l’EI avait déferlé sur une région du nord de l’Irak où vivaient de nombreux membres de cette minorité kurdophone, tuant des milliers d’hommes, réduisant en esclavage des filles et femmes et envoyant de jeunes garçons dans des camps d’entraînement militaires.

Selon l’ONU, les jihadistes ont commis un « génocide » contre cette communauté qu’ils considèrent comme hérétique.

Dans ce film, une femme attend avec sa fille le retour de son mari dans un village déserté à cause de l’avancée des jihadistes. Elle va enlaidir sa fille en lui brûlant le visage avec un miroir pour la rendre moins vulnérable à une capture. Et lorsqu’un jeune Yazidi grièvement blessé débarque un jour en évoquant des tueries de masse, la femme décide de se sacrifier pour sauver sa fille.

Une femme irakienne déplacée de la communauté Yazidi, qui a fui la violence entre les djihadistes du groupe islamique (EI) et les combattants peshmerga dans la ville de Sinjar, dans le nord du pays, qui est dans un camp pour les personnes déplacées dans la zone de Sharia, à 15 kilomètres de la ville de Dohuk, le 17 novembre 2016 (Crédit : Safin Hamed/AFP)

Les maux de la région se retrouvent aussi dans « Taste of Cement » (« Goût de ciment »), du Syrien Ziad Khalthoum, qui a reçu le prix du meilleur film documentaire.

Ce film traite de Syriens qui travaillent saisonnièrement dans la construction au Liban et se retrouvent coincés à Beyrouth quand la guerre civile éclate dans leur pays en 2011. Mal considérés et indésirables au Liban, ces hommes sont interdits de quitter le chantier le soir et se retrouvent autour d’une télévision, tentant désespérément de capter la moindre nouvelle en provenance de leur pays.

Racines

La rupture avec ses racines est également le thème dominant de « Wajib », un long-métrage de la Palestinienne Annemarie Jacir qui a été choisi par les Palestiniens comme leur candidat pour l’Oscar 2018 du meilleur film étranger.

Récompensé par le prix du meilleur film de fiction et par un prix de meilleur acteur masculin partagé entre Mohammad Bakri et son fils Saleh Bakri, le film raconte l’histoire d’un Palestinien vivant à Rome qui retourne chez son père à Nazareth pour l’aider à distribuer en personne les invitations au mariage de sa soeur.

Les deux hommes sont séparés par des vies très différentes mais doivent travailler ensemble pour mener à bien cette mission.

« Wajib », avec le conflit israélo-palestinien en toile de fond, a été récompensé au Festival international du film de Dubaï le jour où des leaders musulmans réunis à Istanbul ont appelé la communauté internationale à reconnaître Jérusalem-Est comme capitale d’un Etat palestinien, en réponse à la décision de Donald Trump de déclarer Jérusalem capitale d’Israël.

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