Le syndicat étudiant de l’Université de York est confronté à de vives réactions pour avoir permis à des militants pro-palestiniens de jouer une pièce de théâtre controversée qui a été définie par les critiques comme étant anti-israélienne et – par certains – comme antisémite, a rapporté l’International Business Times.
 
L’association de solidarité avec les Palestiniens (PSS) a joué la pièce de 10 minutes « 7 enfants juifs: une pièce pour Gaza » de Caryl Churchill dans le cadre de la Semaine contre l’apartheid israélien (du 22 au 28 février).

La pièce est composée de sept scènes représentant des parents juifs débattant sur quoi dire à leur enfant sur le monde qui l’entoure. Chaque scène semble correspondre à une période différente, depuis la Shoah jusqu’aux temps modernes et le conflit israélo-palestinien, en passant par la création de l’Etat d’Israël.

Lire ici le texte intégral de la pièce.

La pièce critique la politique d’Israël envers le peuple palestinien, en particulier dans la bande de Gaza. Elle semble montrer que les parents israéliens éduquent délibérément leur enfant à ignorer la souffrance des Palestiniens et préférant lui fournir un narratif plus simple et juste.

Bien qu’elle ait été saluée par certains à ses débuts en 2009, suite à l’Opération Plomb durci d’Israël à Gaza, de nombreux critiques l’ont jugée simpliste et partiale.

Jeffrey Goldberg de l’Atlantic l’a même décrite comme « une accusation de crime rituel. »

Le Conseil représentatif des Juifs britanniques a qualifié la pièce de « terriblement anti-Israël. »

La PSS, qui est co-dirigée par Tommy Corbyn, le fils du leader travailliste Jeremy Corbyn, a mis en scène la pièce le 25 février dans le cadre de sa campagne anti-israélienne.

L’association des Juifs de l’université a ensuite fustigé le syndicat étudiant pour avoir autorisé l’événement, son porte-parole disant : « Ceci est un exemple classique, et terrible, de la façon dont les préoccupations juives sont traitées avec mépris par un corps étudiant qui prétend avoir des valeurs universelles anti racistes. »

Le président du syndicat Ben Leatham a nié toute intention malveillante et a dit qu’il ne regrettait pas l’autorisation de la pièce.

« Un grand éventail d’événements et de spectacles dirigés par des étudiants ont lieu sur une base quotidienne sur le campus et au sein de la communauté », a-t-il dit au IB Times. « Nous prenons au sérieux notre responsabilité de faire respecter la liberté d’expression et travaillons dur pour trouver un juste équilibre entre la protection de nos étudiants et de le fait de les aider à exercer la liberté d’expression. »

Un porte-parole de l’université a également défendu l’action, en disant « Caryl Churchill est une dramaturge primée dont les œuvres sont jouées à grande echelle… En tant qu’institution, nous sommes attachés aux principes de la liberté d’expression. »

Le Royal Court Theatre de Grande-Bretagne, qui a été le premier à jouer la pièce en 2009, avait défendu à l’époque sa décision en notant qu’il « est possible de critiquer les actions d’Israël sans être antisémite. »