Le Fonds national juif (FNJ/KKL), sous la menace d’une législation qui pourrait le voir payer des impôts à partir du début de l’année prochaine, a indiqué jeudi qu’il gèlerait des milliards de shekels de financement aux autorités locales et aux programmes de développement le temps d’évaluer la situation.

Dans une lettre écrite aux autorités locales et à d’autres organisations dépendantes, le président du FNJ/KKL, Danny Atar, a expliqué que son organisation ne pourrait plus assurer de financement. Cette initiative mettra en attente la somme de 2,4 milliards de shekels qui devait être versée à des causes variées.

Les projets affectés incluent 1,38 milliard de shekels qui devaient être consacrés à encourager l’immigration, la somme de 240 milliards de shekels qui devait être investie dans le développement de la périphérie, et celle de 46 millions de shekels en direction de programmes d’éducation pour les jeunes.

« Nous avertissons tous nos partenaires dans ces projets qu’ils ne pourront plus s’appuyer sur le soutien continu du Fonds national juif », a écrit Atar.

« Les entités professionnelles du KKL – l’acronyme en hébreu du Fonds (pour Keren Kayemet LeYisrael) — « mènent une nouvelle évaluation au vu du changement de la situation financière et de l’impact de ses implications futures pour le budget de l’organisation et les projets soutenus ».

Atar a fait savoir que le Fonds national juif décidera quels projets continueront à être financés après l’évaluation.

« Le fonds national juif oeuvre à combattre la décision agressive et violente du gouvernement israélien et nous espérons que les ministres et les membres de la Knesset reprendront leurs esprits et cesseront de soutenir cette malheureuse loi ».

Le directeur-général du Fonds national juif, Danny Atar. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Ce développement survient vingt-quatre heures après que la commission des Finances de la Knesset a approuvé un projet de loi controversé, qui passera en seconde et en troisième lecture à la Knesset, probablement dès la semaine prochaine.

Le projet de loi devrait approuver une proposition de loi fiscale concernant le Fonds national Juif, par l’intermédiaire duquel l’organisation devrait payer des impôts dès le début de l’année 2018 ou accepter de verser 65 % de ses bénéfices sur des ventes foncières au cours des deux prochaines années pour pouvoir, en échange, profiter d’une exemption fiscale jusqu’en 2023.

Boîtes de collecte du KKL – Fonds national juif. (Crédit : Wikimedia commons/David Shay)

Le Fonds national Juif a indiqué qu’il ferait appel contre la loi devant la Cour suprême et qu’il réclamerait le remboursement des 2,2 milliards de shekels qui ont d’ores et déjà été transférés dans les coffres de l’état. Le ministère des Finances a rejeté cette menace, affirmant que la plainte n’a pas de fondement.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Finances Moshe Kahlon soutiennent ce projet de loi.