Le parquet égyptien a décidé dimanche de renvoyer devant la justice le frère du chef d’Al-Qaïda et 67 autres personnes pour formation d’un « groupe terroriste » en vue d’attaquer des installations gouvernementales, les forces de sécurité et des chrétiens, selon les médias officiels.

Mohamed al-Zawahiri – frère du chef d’Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri – avait été arrêté en août dernier pour « soutien » au président islamiste Mohamed Morsi, qui a été destitué par l’armée en juillet et comparaît actuellement dans plusieurs procès.

Les 68 personnes sont accusés d’avoir créé un « groupe terroriste lié à Al-Qaïda » ayant préparé des attaques contre des installations gouvernementales, les services de sécurité et la communauté chrétienne, en vue de « propager le chaos et nuire à la sécurité » du pays, a rapporté l’agence Mena.

Mena n’a pas précisé si ces attaques avaient eu lieu ni la date du procès. Cinquante membres de ce groupe sont en détention alors que les autres sont en fuite.

Selon des sources judiciaires, l’enquête a révélé que le groupe avait envoyé des membres en Syrie pour combattre le régime de Bachar al-Assad, avant d’être sommés de revenir en Egypte le 30 juin 2013.

Ils ont été rappelés pour combattre les nouvelles autorités après la destitution du président Morsi, a-t-on ajouté de mêmes sources.

Selon ces sources, Mohamed al-Zawahiri, qui est de nationalité égyptienne et est sorti de prison lors de la révolte ayant chassé Hosni Moubarak du pouvoir en 2011, est accusé d’avoir créé ce groupe, armé ses membres et de les avoir entraînés à la fabrication d’explosifs et à poser des bombes.

Ces sources ont indiqué que les autorités disposaient de preuves montrant que les membres du groupe s’étaient entraînés dans des lieux secrets dans la ville de Charqiya (Delta du Nil) et dans les quartiers de Matareya et du 6-Octobre au Caire.

Depuis la destitution de M. Morsi, Charqiya a été le théâtre de nombreux attentats ayant visé les forces de sécurité, alors que Matareya et le 6-Octobre ont connu de violents heurts entre partisans de M. Morsi et policiers.

L’Égypte est secouée quotidiennement par des violences et les attentats visant les policiers et l’armée se sont multipliés depuis que le gouvernement intérimaire s’est lancé dans une sanglante répression de toute manifestation pro-Morsi.

Plus de 1.400 partisans de M. Morsi ont été tués depuis son éviction, selon Amnesty International, et plus de 15.000 autres arrêtés. Et les nouvelles autorités font porter à sa confrérie des Frères musulmans, désormais considérée comme organisation « terroriste », la responsabilité de toutes les violences.

Les autorités ont à plusieurs reprises accusé les Frères musulmans d’avoir financé des islamistes radicaux liés à Al-Qaïda.