Le frère d’un Israélien détenu à Gaza veut que le monde fasse pression sur le Hamas
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Le frère d’un Israélien détenu à Gaza veut que le monde fasse pression sur le Hamas

Ilan Mengistu, dont le frère Avraham est détenu par le groupe terroriste, salue le nouveau négociateur et déplore l’apathie du pays

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le frère d'Avraham Mengistu devant leur maison d'Ashkelon, après que l'embargo sur la disparition de Mengistu dans la bande de Gaza a été levé, le 8 juillet 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le frère d'Avraham Mengistu devant leur maison d'Ashkelon, après que l'embargo sur la disparition de Mengistu dans la bande de Gaza a été levé, le 8 juillet 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Cela fait plus de trois ans qu’Avraham Mengistu est entré dans la bande de Gaza et est tombé entre les mains du groupe terroriste du Hamas, et sa famille craint que le pays ne fasse pas tout ce qu’il peut pour le faire revenir, ainsi que les autres Israéliens détenus à Gaza.

« C’était un civil qui n’est connecté à rien. Il n’a jamais eu une arme, jamais rien fait », a dit Ilan Mengistu, le frère d’Avraham.

Le gouvernement « a la responsabilité de protéger ses citoyens. C’est son travail. Mais il ne fait pas beaucoup de choses qu’il pourrait faire », a dit Ilan au Times of Israël dimanche soir.

Samedi soir, le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé qu’il avait nommé Yaron Blum au poste de responsable des efforts pour le retour de Mengistu, et Hisham al-Sayed, et la restitution des corps de deux soldats israéliens morts au combat, Hadar Goldin et Oron Shaul. Deux autres citoyens israéliens sont entrés dans Gaza ces dernières années, mais le gouvernement ne les considère pas comme des captifs détenus par le Hamas.

Avraham Mengistu, photographie non datée. (Crédit : autorisation de la famille)
Avraham Mengistu, photographie non datée. (Crédit : autorisation de la famille)

La famille n’a pas encore rencontré Blum en personne – cela devrait arriver dans quelques jours – mais Ilan Mengistu a indiqué qu’il semble être un négociateur compétent. Cependant, a-t-il dit, la famille a le sentiment que ce qui inversera la tendance repose sur une pression supplémentaire de la communauté internationale sur le Hamas.

La question des détenus est tendue en Israël, notamment depuis l’accord vivement contesté de libération d’un soldat israélien capturé, Gilad Shalit, en 2011, qui a permis la libération de plus de 1 027 terroristes condamnés.

Les cas de Mengistu et al-Sayed sont encore plus compliqués, car contrairement à Shalit, ils n’ont pas été enlevés et emmenés dans la bande de Gaza par le Hamas, mais sont entrés dans le territoire de leur propre chef. (Tous deux ont déjà été soignés pour des pathologies mentales.)

Ilan Mengistu a indiqué que la famille n’a pas d’avis particulier sur la signature d’un autre accord d’échange de prisonniers, qui serait probablement très déséquilibré, pour garantir la libération de son frère.

« Nous ne rentrons pas là-dedans. C’est une décision du gouvernement », a-t-il dit.

Manal al-Sayed tient une photographie de son fils, Hisham, retenu captif par le groupe terroriste du Hamas depuis 2016. (Crédit : Yoav Lemmer/AFP)
Manal al-Sayed tient une photographie de son fils, Hisham, retenu captif par le groupe terroriste du Hamas depuis 2016. (Crédit : Yoav Lemmer/AFP)

Ilan a cependant ajouté qu’Israël devrait en faire plus pour obtenir des pays qui ont des relations avec le Hamas, comme l’Egypte et le Qatar, ainsi que de ses alliés plus puissants, comme les Etats-Unis, qu’ils fassent plus pression sur le groupe terroriste pour qu’il libère Avraham, Hisham, et les corps des deux soldats.

« Le pays ne fait pas assez pression sur eux », a-t-il dit.

Dans cet objectif, Ilan Mengistu et certains de ses soutiens iront aux Etats-Unis le mois prochain pour la conférence annuelle des Fédérations juives d’Amérique du Nord, et il espère se rendre aussi aux Nations unies.

En parlant aux Juifs américains pendant le sommet des Fédérations, ils espèrent attirer l’attention sur Avraham, et donner plus de poids à leur campagne pour sa libération, a-t-il dit.

La famille Mengistu a eu du mal à attirer l’attention sur le destin d’Avraham, même si cela a cependant été plus facile que pour la famille d’al-Sayed, dont le nom apparait rarement dans les médias israéliens.

Ilan pense que l’apathie d’Israël est en partie due au fait qu’Avraham vient de la communauté éthiopienne du pays, et que ses parents ne parlent pas couramment l’hébreu. Il a cependant ajouté que l’obstacle majeur est le statut socioéconomique de la famille.

La mère d'Avraham Abera Mengistu, Agurnesh, pendant une manifestation devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 11 septembre 2016. (Crédit: Luke Tress/Times of Israël)
La mère d’Avraham Abera Mengistu, Agurnesh, pendant une manifestation devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 11 septembre 2016. (Crédit: Luke Tress/Times of Israël)

« Nous n’avons tout simplement pas les moyens », a-t-il dit, et à cause de ça, « notre voix ne porte pas assez. »

Ilan a critiqué les médias, qui ne s’intéressent pas suffisamment à l’histoire de son frère, contrairement aux cas de Gilad Shalit ou des soldats morts Goldin et Shaul.

« Les médias fixent le programme de la journée, et pour une raison ou une autre, ils ne sont pas intéressés par Avraham. »

Même si la campagne pour obtenir la libération d’Abraham a commencé doucement, son frère indique qu’elle attire de plus en plus de soutiens.

« Plusieurs personnes ont rejoint notre campagne, comme les amis de Nachshon Waxman », un soldat israélien enlevé et assassiné par le Hamas en 1994, a dit Ilan.

A lire : Contrairement aux soldats morts, les civils israéliens portés disparus à Gaza sont largement négligés

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