Alemneh Mekonen, le frère d’un soldat israélien d’origine éthiopienne, est arrivé mardi matin en Israël, après une lutte bureaucratique de plusieurs mois entre le ministère de l’Intérieur et le ministère de l’Immigration et de l’Intégration.

Chalachew Mekonen, qui a obtenu une citation pour ses actions pendant l’opération Bordure protectrice de l’été dernier, et son compagnon d’armes Argaw Tesfaye avaient fait appel au gouvernement pour permettre aux membres de la famille encore en Ethiopie d’immigrer en Israël.

Quand la nouvelle de la lutte des deux soldats pour faire venir leurs familles a éclaté après le conflit de Gaza de l’été dernier, le ministre de l’Intérieur d’alors, Gilad Erdan, avait accordé aux familles une autorisation spéciale, mais le dossier a rapidement été pris au piège de la bureaucratie du ministère de l’Immigration et de l’Intégration.

Mekonen et Tesfaye sont tous deux membres de la communauté Falash Mura, des Juifs éthiopiens.

Les demandes de la communauté pour le droit à l’immigration en Israël ont été accompagnées de litiges et de confusion pendant des années, étant donné que ses membres s’étaient convertis – du moins officiellement- au christianisme.

Les partisans du droit de la communauté à immigrer affirment que les conversions ont été effectuées sous la contrainte par des missionnaires au 19e siècle, alors que les opposants soutiennent que le groupe s’est converti de son plein gré.

L’autorisation spéciale d’Erdan permettrait aux membres de la famille d’immigrer, mais dans le but de recevoir des avantages financiers accordés aux nouveaux immigrants, connus en hébreu sous le nom de sal klita, ou panier d’intégration, les familles devront avoir l’approbation du ministre de l’Intégration Zeev Elkin.

Elkin, cependant, n’a pas réagi.

« Peu de temps après le message du ministre de l’Intérieur, nous avons compris que le combat avec la bureaucratie israélienne serait probablement plus difficile que les combats auxquels nous nous avons participé pendant l’opération Bordure protectrice, a affirmé Mekonen le mois dernier au site d’information Walla.

L’avocat des soldats, Ayal Faltek, a expliqué une partie du processus : « J’ai parlé avec le ministère de l’Intérieur et le ministère de l’Intégration, avec les conseillers juridiques et avec le département de l’Immigration. Une personne disait ‘oui’ et l’autre disait ‘non’. »

« La main droite ne sait pas ce que la gauche est en train de faire. Ils ont d’abord envoyé Chalachew au bureau du ministère de l’Intérieur à Ramat Gan, puis à celui de Jérusalem. En bref, la quintessence de la bureaucratie. »

Mais finalement, Elkin a accepté les arguments des deux soldats, selon la Deuxième chaîne. Il leur a dit qu’il allait demander à l’Agence juive, qui traite les demandes d’immigration, de permettre aux membres de leurs familles de s’installer en Israël et de leur accorder les pleins droits de nouveaux immigrants.

« Ce fut très émouvant de savoir que nos frères arriveraient en Israël et qu’ils recevraient un sal klita afin que nous puissions enfin vivre ensemble. Nous remercions le ministre », ont écrit Mekonen et Tesfaye dans un communiqué.

Le frère de Tesafye doit encore arriver dans le pays.

Jérusalem a lancé l’opération Ailes de colombe en 2010 afin d’amener en Israël le reste de la communauté Falash Mura. Mais, en 2013, le gouvernement a officiellement déclaré la fin de ce programme, qui avait alors amené environ 7 500 Falash Mura dans le pays.

Plusieurs milliers de membres de la communauté ont cependant été laissés là-bas, n’ayant pas été jugés aptes à l’immigration. Les proches de Mekonen et de Tesfaye étaient parmi eux.

« Je suis submergé. Je remercie Dieu d’être ici », a confié Alemneh Mekonen à Maariv à son arrivée.

« Je remercie mon frère Chalachew qui a mené ce combat pour moi et je prie pour que plus de Juifs d’Ethiopie viennent en Israël après moi. »

Times of Israel Staff a contribué à cet article