Le frère d’un terroriste emprisonné aurait été arrêté mardi matin. Il est soupçonné d’avoir donné des téléphones portables et d’autres objets interdits au député Basel Ghattas, qui les aurait à son tour transmis à son frère et à un autre prisonnier sécuritaire détenu en Israël.

La police a déclaré dans un communiqué que le suspect était un homme de 65 ans, habitant dans la ville arabe de Zemer, dans le centre d’Israël. Il devrait comparaitre mardi devant la cour des magistrats de Rishon Lezion, où la police demandera une extension de sa détention.

Selon la Deuxième chaîne, il est le frère de Walid Daka, le prisonnier que Ghattas aurait rencontré pendant une visite à la prison de Ketziot la semaine dernière. Daka purge une peine de 37 ans de prison pour l’enlèvement et le meurtre en 1984 de Moshe Tamam, un soldat israélien de 19 ans.

Quand le Times of Israël a tenté de contacter Assad Daka, qui vit à Zemer, un message annonçait qu’il n’était pas disponible.

Ghattas, membre du parti Balad, qui appartient à la Liste arabe unie, a été arrêté vendredi après avoir renoncé à son immunité parlementaire. Il est accusé d’avoir donné illégalement des téléphones portables, des cartes SIM et des messages codés à des prisonniers sécuritaires.

Le député a refusé de dire aux enquêteurs qui lui a donné les téléphones transmis, mais ses avocats affirmaient lundi que la police savait déjà qui avait transmis les colis à livrer aux détenus. Ghattas aurait avoué que Daka lui avait demandé de lui apporter des livres de la part d’une troisième personne, mais assure qu’il ne connaissait pas le contenu des paquets.

Basel Ghattas, au centre, député de la Liste arabe unie, à son arrivée à l'unité d'enquête Lahav 433 à Lod, le 20 décembre 2016. (Crédit : Roy Alima/Flash90)

Basel Ghattas, au centre, député de la Liste arabe unie, à son arrivée à l’unité d’enquête Lahav 433 à Lod, le 20 décembre 2016. (Crédit : Roy Alima/Flash90)

Suite à une perquisition dimanche soir du domicile de Ghattas et de son bureau à la Knesset, la police a demandé lundi l’extension de sa détention pour quatre jours. Les juges lui ont accordé jusqu’à mardi midi. La police devrait demander une extension supplémentaire de la détention provisoire du député.

Lundi, devant la cour, Ghattas a déclaré que « j’ai toujours l’espoir que les tribunaux soient un îlot de bon sens et de raison. » Cependant, il a remis en cause sa détention, et demander à la cour s’il était nécessaire qu’il soit retenu depuis quatre jours sans qu’il lui soit posé une seule question. Il a demandé pourquoi, en tant que chrétien, il avait dû passer Noël en prison. Il a également demandé si la police l’aurait traité différemment s’il n’était pas arabe.

La police et la juge ont révélé qu’il y avait de nouveaux développements importants de l’affaire, mais n’ont pas donné plus de précision.

La police l’aurait arrêté de crainte qu’il ne quitte le pays, comme l’a fait le fondateur du parti Balad, Azmi Bishara. Le député avait fui Israël en 2007 pour échapper à une enquête conjointe de la police et du Shin Bet. Il était soupçonné d’avoir été payé par le Hezbollah pour l’aider à localiser des cibles pour des attaques à la roquette en Israël.