Nicolas Bay, l’ancien leader de l’UED (Union des étudiants de droite) ancien-GUD (Groupe union défense) un groupuscule violent d’extrême-droite, est actuellement en visite, très discrète, en Israël. Une visite organisée par un membre juif du Front National.

Selon Streetpress, citant le journaliste de Haaretz Barak Ravid, Nicolas Bay, numéro 3 du FN, a entamé son séjour en rencontrant David Shayan, président des Jeunes du Likud.

« C’est seulement durant la rencontre, qui n’avait rien d’officielle, que j’ai appris que ce Bay était du parti de Marine Le Pen » a expliqué Shayan, ajoutant que « dans tous les cas, [il] ne boycotte personne ».

Bay devait ensuite s’entretenir avec des membres, non cités, de la communauté juive francophone.

Selon l’Associated Press, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon, a déclaré que Nicolas Bay était en visite privée et qu’il ne rencontrerait pas de responsables officiels israéliens.

Mais Bay a tweeté des photos de ses rencontres avec le directeur général adjoint du ministère de la Santé, un colonel israélien, un membre de premier plan du parti Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le chef de l’organisation de jeunesse du parti et d’autres dirigeants.

Les photos de Bay de sa rencontre avec le colonel et le responsable du ministère de la Santé ont plus tard disparu de son compte Twitter.

Le ministère de la Santé et l’armée n’ont pas fait de commentaire dans l’immédiat.

Il est utile de se rappeler que si le Front national depuis la prise de pouvoir de Marine Le Pen n’a eu de cesse de faire des appels du pied à Israël et la communauté juive, le premier cercle de la présidente du Front national est composé de sympathisants de la mouvance auto-proclamée « dissidence » (Egalité et réconciliation de Soral et autres) où les thèses antisémites les plus virulentes ont libre court.

Marine Le Pen essaie de faire sauter le verrou de la communauté juive, en France et à l’international, marquée par plusieurs propos de Jean-Marie Le Pen pour lesquels il a été condamnés, comme les chambres à gaz, « détail » de la Seconde guerre mondiale (1987).

Bay a indiqué à l’AFP être allé au mémorial de Yad Vashem et sur le plateau du Golan, et a rencontré « Gavri Bargil, secrétaire général du Mouvement Kibboutz et cofondateur du principal mouvement israélien pour la paix israélo-arabe, Moshe Revach, président de l’organisation internationale Maccabi, ou encore David Shayan, président des jeunes du Likud ».

La politique officielle israélienne, « strictement observée depuis de longues années » selon un responsable, est de n’avoir aucun contact avec le FN en raison de « son passé, son idéologie », une politique similaire étant observée vis-à-vis d’autres organisations étrangères d’extrême droite.

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a estimé jeudi qu’une victoire de la candidate d’extrême droite Marine Le Pen à la présidentielle en France, ou du parti anti-immigration AfD en Allemagne, serait une « catastrophe », impliquant « la destruction de l’Europe ».

« Je ne veux même pas y penser, ce serait une catastrophe, cela supposerait tout simplement la destruction de l’Europe », a déclaré Mariano Rajoy à la radio Onda Cero, alors qu’on lui demandait d’imaginer une arrivée au pouvoir de Marine Le Pen et une Allemagne dirigée par Alternative pour l’Allemagne (AfD).

« Madame Le Pen a annoncé un référendum (sur une sortie de l’Europe), elle veut simplement quitter l’Europe, comme si c’était l’origine de tous les malheurs. J’aimerais qu’elle fasse un tour dans le reste du monde », a ajouté M. Rajoy, conservateur et pro-européen.

Mariano Rajoy (Crédit : Partido Popular de Cataluña/Wikimedia commons/CC BY SA2.0)

Mariano Rajoy (Crédit : Partido Popular de Cataluña/Wikimedia commons/CC BY SA2.0)

« Cela ne va pas se produire. Je suis convaincu que les choses iront bien », a-t-il ajouté. Il a espéré une victoire de François Fillon, candidat du parti conservateur les Républicains, après avoir constaté que « les socialistes ne vont pas bien en ce moment » en France.

« Il est capital pour l’avenir de l’Europe que les élections se passent bien en France et en Allemagne », a-t-il insisté.

Le premier tour de l’élection présidentielle en France est prévu le 23 avril. Et selon des sondages, Marine Le Pen pourrait se qualifier pour le second, prévu le 6 mai.

En Allemagne, la chancelière conservatrice Angela Merkel briguera un quatrième mandat, lors des législatives prévues le 24 septembre.

Le parti anti-immigration et anti-islam AfD, en pleine ascension électorale, et qui a refusé d’exclure un de ses membres qui avait qualifié le Mémorial de Berlin, de mémorial « de la honte », pourrait faire son entrée à la chambre des députés, ce qui serait une première pour un tel parti depuis la chute d’Adolf Hitler.

Marine Le Pen, a prédit samedi, lors d’un congrès des droites extrêmes et populistes européennes en Allemagne, une révolte électorale en Europe, contre ce qu’elle a appelé la « tyrannie » de l’Union européenne.

Marine Le Pen lors d'un discours pendant le congrès d'été du FN à Frejus, dans le sud de la France, le 18 septembre 2016 (Crédit : AFP / Franck PENNANT)

Marine Le Pen lors d’un discours pendant le congrès d’été du FN à Frejus, dans le sud de la France, le 18 septembre 2016 (Crédit : AFP / Franck PENNANT)