La chef de l’extrême-droite française, Marine Le Pen, candidate à l’élection présidentielle de 2017, a dit jeudi à l’AFP avoir l’intention d’interdire l’école aux enfants de sans-papiers si elle parvient à la magistrature suprême.

La présidente du parti Front national (FN) a ajouté vouloir aussi faire payer aux parents étrangers, en situation régulière mais qui ne travaillent pas, une « contribution » aux frais de scolarité de leurs enfants.

« Je n’ai rien contre les étrangers, mais je leur dis : ‘Si vous venez dans notre pays, ne vous attendez pas à ce que vous soyez pris en charge, à être soignés, que vos enfants soient éduqués gratuitement, maintenant c’est terminé, c’est la fin de la récréation !' », a déclaré Le Pen lors d’une rencontre avec la presse.

« Plus de scolarisation des clandestins. Et contribution au système scolaire de la part des étrangers sauf s’ils cotisent en situation légale, a-t-elle ensuite précisé à l’AFP. Demander une participation aux étrangers pour la scolarisation de leurs enfants […] se fait dans beaucoup de pays dans le monde », a-t-elle justifié.

En France, tous les enfants ont droit à une éducation gratuite indépendamment de la situation administrative de leurs parents.

Les étrangers sans-papiers et précaires peuvent également bénéficier de soins gratuits après trois mois de résidence.

Marine Le Pen, présidente du parti d'extrême-droite français, lors d'un rassemblement à Paris en mai 2011.   (Crédit : Franck Prevel/Getty Images)

Marine Le Pen, présidente du parti d’extrême-droite français, lors d’un rassemblement à Paris en mai 2011. (Crédit : Franck Prevel/Getty Images)

La chef de l’extrême-droite a également critiqué les aides sociales aux personnes âgées, dont peuvent bénéficier sous conditions certains immigrés.

D’une façon générale, a fait valoir Le Pen à l’AFP, « nous envisageons un accès restreint à la gratuité de certains services publics et à certaines prestations sociales aux étrangers qui arrivent dans le pays et n’ont pas encore cotisé et payé d’impôt. Tout cela sera bien entendu précisé » dans le programme à venir de la candidate.

Le Pen, qui a pris les rênes du FN en 2011 au départ de son père Jean-Marie Le Pen, reste – malgré sa tentative de dédiabolisation – fidèle aux fondamentaux de l’extrême droite, avec un discours notamment très violent contre l’immigration, l’islam et l’Europe.