Les Israéliens qui attendaient une baisse du coût de l’électricité – dû au fait qu’Israel Electric Corporation (IEC) ait commencé à utiliser le gaz naturel provenant des côtes du pays – auront un énorme choc, selon un expert italien en énergie.

En réalité, le prix de l’électricité augmentera probablement, mais ne diminuera pas – c’est la conséquence, explique Sergio Ascari, des « exigences contractuelles et monopolistiques » imposées à Israël par le consortium qui gère le champ gazier de Tamar.

Selon l’étude d’Ascari, le consortium – composé de Noble Energy, Delek Drilling, Isramco, et Dor Explorations – gagne en moyenne deux fois plus que les autres groupes de forage et d’exploration qui existent dans le monde.

L’IEC et les autres fournisseurs d’énergie devraient dépenser au total environ 200 milliards de shekels jusqu’en 2030 pour du gaz qui ailleurs coûterait seulement 100 milliards. Ces dépenses supplémentaires seront absorbées mais pas par l’IEC mais – évidemment – par les clients.

Les conclusions de l’étude ont été publiées jeudi par le quotidien financier The Marker.

Ascari a été embauché pour examiner les contrats de la société avec le consortium Tamar, signé en 2012 après plusieurs mois de négociations. Ascari – actuellement consultant sur les questions énergétiques, et ancien chef des questions sur le gaz naturel auprès de l’Autorité italienne de régulation de l’électricité – a étudié les contrats ces derniers mois, et a soumis son rapport la semaine dernière.

L’étude a été menée à la demande de l’Autorité des services publique (électricité), qui dans le passé s’est plaint des conditions imposées par le consortium.

L’étude d’Ascari a confirmé la validité de plusieurs de ces plaintes – dont une augmentation continue du prix du gaz naturel vendu par le consortium, lié à un indice de prix de l’énergie, et sans égard aux conditions du marché. En d’autres termes, les contrats verrouillent les acheteurs israéliens dans un système de prix artificiellement élevés et perpétuellement en hausse pour le gaz de Tamar, même si les acheteurs pourraient obtenir du gaz moins cher ailleurs.

En outre, explique Ascari, les contrats fixent un prix minimum pour le gaz, prix qui est également indépendant des conditions du marché. Cependant, il n’y a pas prix maximum, comme dans la plupart de ce type de contrats. Ainsi, au lieu de fournir une énergie moins chère pour le consommateur israélien, les contrats Tamar auront l’effet inverse – ils feront de l’électricité l’une des plus grandes dépenses de l’économie israélienne, ajoute Ascari.

D’autres conditions incluent un mécanisme par lequel les producteurs d’électricité devront acheter une quantité minimum de gaz, et une garantie que le consortium actuel reste le seul fournisseur de gaz à ses clients.

Avec de telles conditions, Ascari ne recommande pas la mise en œuvre de contrôle direct des prix sur les prix du gaz. Au lieu de cela, il recommande au gouvernement d’intervenir pour négocier un nouveau mécanisme de fixation des prix entre les parties, qui relierait les prix imposés par le consortium de Tamar aux conditions du marché en Europe et en Extrême-Orient. Cela permettrait d’assurer ainsi que les prix restent réalistes pour le fournisseur, et concurrentiels pour les producteurs d’électricité.

Dans une lettre adressée au Premier ministre Benjamin Netanyahu et au ministre de l’Infrastructure nationale, de l’Energie et de l’Eau, Silvan Shalom, Orit Farkash-Cohen, la présidente de l’Autorité des services publics (électricité), a déclaré qu’ « une situation de monopole a émergé, avec des contrats de gaz présentés à l’Autorité, qui comprennent des conditions qui sont inacceptables dans un marché concurrentiel du gaz – en particulier la répartition déséquilibrée du risque qui favorise le fournisseur de gaz, en mettant le consommateur face au risque du marché ».

Selon l’article, Netanyahu et Shalom ont vu le rapport d’Ascari mais n’ont pas encore commenté ses conclusions.