Le gouvernement libyen a annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi qu’il déclarait la guerre au terrorisme, accusant pour la première fois publiquement des « groupes terroristes » d’être derrière des dizaines d’attaques et d’assassinats contre les services de sécurité et les Occidentaux dans l’est du pays.

« Il n’y aura pas de place pour le terrorisme en Libye, (…) et les Libyens doivent se tenir prêts à ce qu’impose une telle bataille en terme de prudence, d’éveil et de sacrifices », a indiqué le gouvernement dans un communiqué publié sur son site internet.

Le gouvernement a appelé la « communauté internationale et les Nations Unies en particulier à fournir l’appui nécessaire pour éradiquer le terrorisme dans les villes libyennes ».

« La nation se trouve dans une confrontation avec des groupes terroristes, et il incombe au gouvernement de mobiliser ses forces militaires et de sécurité pour lutter contre ce fléau », a-t-on ajouté de même source.

Mais dans son communiqué, le gouvernement a indiqué qu’il allait « faire recours dans cette confrontation à la force militaire nationale quelle qu’elle soit », en allusion aux groupes et milices d’ex-rebelles qui avaient combattu les forces de l’ancien régime en 2011.

Le gouvernement a souligné par ailleurs « son engagement à mettre fin à cette guerre le plus tôt possible pour préserver des vies ».

Il affirme avoir publié ce communiqué à l’issue d’un conseil ministériel tenu à Ghat dans le sud du pays, deux jours après un attentat à la voiture piégée contre des militaires à Benghazi (est), ayant fait au moins sept morts.

Cette réaction intervient aussi quelques jours après le limogeage de l’ex-Premier ministre Ali Zeidan, critiqué pour ne pas avoir été en mesure de rétablir l’ordre dans le pays.

Son ministre de la Défense, Abdallah al-Theni, assure depuis l’intérim.

Selon le gouvernement, « les villes de Benghazi, Derna (est) et Syrte (centre) et d’autres font face à une guerre terroriste menée par des éléments libyens et étrangers aux programmes hostiles ».

Les autorités libyennes n’ont pas mentionné un groupe spécifique, mais les villes de Benghazi, Derna et Syrte sont des fiefs pour des groupes extrémistes, dont en particulier le groupe djihadiste d’Ansar Asharia, inscrit en janvier dernier sur la liste noire terroriste des Etats-Unis.

Experts libyens et étrangers attribuent régulièrement les attaques menées dans l’Est libyen à des groupes islamistes, dont Ansar Asharia, mais les autorités n’osaient pas accuser directement ces groupes lourdement armés, par crainte de représailles.

Ansar Asharia est soupçonné d’avoir attaqué des juges et des membres des forces de l’ordre, mais aussi d’être responsable de plusieurs attaques conre des intérêts occidentaux, dont celle contre le consulat des Etats-Unis à Benghazi, qui avait coûté la vie à quatre Américains, dont l’ambassadeur, en septembre 2012. Le groupe a toutefois démenti toute implication.

L’organisation prône la charia comme seule et unique source de législation en Libye et exige que la justice applique immédiatement la loi islamique.

Profitant du vide sécuritaire après la chute de Mouammar Kadhafi, Ansar Asharia fait la loi en particulier dans l’est du pays, où le groupe contrôle des quartiers de Benghazi, de Syrte et de Derna.