Le gouvernement israélien continue à refuser tout contact avec le Front national français et a décliné les demandes de rencontre officielle avec le numéro trois du parti d’extrême droite pendant sa visite en Israël cette semaine, a affirmé vendredi un responsable.

Les Affaires étrangères ont démenti que le cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu a approuvé une rencontre entre Nicolas Bay et le ministre de la Santé Yaakov Litzman, comme l’a dit au conditionnel la radio française Europe 1 sur son site internet.

Le ministère de la Santé a indiqué pour sa part que le ministre s’était retrouvé à son insu en présence de M. Bay lors d’une réunion.

Une autre source au ministère de la Santé confirme au Monde : « Dès que le ministre a découvert une connexion politique, il a recommandé à la personne de contacter le ministère des Affaires étrangères israélien puis il est sorti de la pièce. »

« Le gouvernement israélien n’a pas de contact avec le Front national, étant donné l’idéologie et l’histoire de ce parti », a dit à l’AFP le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Emmanuel Nahshon en référence aux accusations d’antisémitisme longtemps attachées au Front national.

« Cette politique n’a pas changé. Le gouvernement israélien n’a pas approuvé de rencontre officielle avec le représentant du Front national », a-t-il ajouté.

Des demandes de rencontre avec des officiels israéliens ont été présentées au nom de M. Bay « et la réponse a été négative », a-t-il dit.

« La rencontre avec M. Bay s’est déroulée complètement par hasard et n’était pas prévue, écrit-il. Le Likoud n’a aucune intention ni envie de prendre part aux élections en France, » a déclaré dans un SMS au Monde le président des Jeunes du Likud (le parti de droite du Premier ministre), David Shayan.

« C’est seulement durant la rencontre, qui n’avait rien d’officielle, que j’ai appris que ce Bay était du parti de Marine Le Pen » a expliqué Shayan, ajoutant que « dans tous les cas, [il] ne boycotte personne ».

Quant à la rencontre au ministère de la Santé, une porte-parole, Einav Shimron Greenbaum, a rapporté que le ministre recevait un groupe d’experts italiens des secours d’urgence, et « ce monsieur français s’est apparemment joint au groupe ». « Nous ne savions pas » qui il était, a-t-elle dit.

Dès que le ministre « a pris conscience de la présence de politiques, la rencontre a pris fin », a-t-elle ajouté.

« Je m’en étonne. Nicolas Bay était candidat avec le beau-frère de Robert Faurisson [négationniste] aux élections législatives en 2002. Il n’avait pas la réputation d’être philosémite quand il était chez Mégret, déclare Michel Thooris, responsable de l’Union des patriotes français juifs, une association proche du FN. Je suis ravi, il a dû évoluer sur la question. C’est positif », repris par le Monde. Vraiment ?

Créé au début des années 1970, entre autres, par d’anciens collaborateurs, tel l’ancien membre de la division SS Charlemagne Pierre Bousquet, le FN a tenté de développer une relation avec l’État juif pour faire sauter le verrou de la communauté juive française et gagner son soutien dans une tentative de dédiabolisation – en vain.

Il est utile de se rappeler que si le Front national depuis la prise de pouvoir de Marine Le Pen n’a eu de cesse de faire des appels du pied à Israël et la communauté juive, le premier cercle de la présidente du Front national est composé de sympathisants de la mouvance auto-proclamée « dissidence » (Egalité et réconciliation de Soral et autres) où les thèses antisémites les plus virulentes ont libre cours.

Jean-Marie Le Pen, exclu du Front national mais toujours président d’honneur selon la justice, entend désormais faire son retour au siège du parti d’extrême-droite à Nanterre après une nouvelle victoire judiciaire, a-t-on appris jeudi de son entourage…