Dans un effort de dernière minute pour empêcher une évacuation par la force de l’avant-poste d’Amona, en Cisjordanie, le gouvernement a présenté samedi soir aux habitants un accord révisé qui permettrait à deux fois plus de familles de rester sur la colline par rapport à la précédente proposition qui avait été rejetée la semaine dernière.

Dans le cadre de cet accord, présenté par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le ministre de l’Education Naftali Bennett, et Yossi Dagan, qui dirige le Conseil régional du Shomron [Samarie], 24 familles pourraient recevoir des mobile-homes sur un terrain situé à quelques mètres de l’avant-poste, contre 12 dans l’accord rejeté la semaine dernière. Les familles restantes pourraient être temporairement relogées dans l’implantation voisine d’Ofra.

Cet accord est proposé alors qu’au moins 1 000 personnes se sont rassemblées à Amona pour manifester leur soutien à l’avant-poste illégal, alors que l’évacuation ordonnée par la Haute cour de justice est imminente.

Comme avec l’accord précédent, le gouvernement promet de chercher une solution plus permanente, avec la possibilité de créer une implantation dans la zone, en échange d’une promesse des habitants de quitter leur maison pacifiquement, en conformité avec l’ordre de la cour.

Une fillette israélienne devant l'entrée de sa maison, dans l'avant-poste d'Amona, en Cisjordanie, le 17 décembre 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Une fillette israélienne devant l’entrée de sa maison, dans l’avant-poste d’Amona, en Cisjordanie, le 17 décembre 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Les habitants devaient commencer à débattre de la proposition à 8h00 dimanche matin et voter à 10h00, a annoncé un porte-parole de l’avant-poste. Ils auraient jusqu’à midi pour donner leur réponse au gouvernement.

« Tout le monde doit simplement s’asseoir et être patient à présent », a déclaré le porte-parole.

Si l’accord est accepté, le gouvernement devrait demander à la Haute cour de justice un délai d’un mois pour évacuer l’avant-poste. La cour a refusé d’accorder un tel report auparavant, mais si les habitants acceptent les termes de la nouvelle proposition, « tous les avocats pensent que la cour l’acceptera », a déclaré Yehuda Glick, député du Likud, au Times of Israël.

Même si la date limite fixée par la cour pour l’évacuation d’Amona, le 25 décembre, est dans sept jours, la Haute cour est obligée de se prononcer sur une extension du délai si elle est demandée avant le 25 décembre, a précisé un porte-parole de la cour.

Netanyahu et Bennett n’ont pas rencontré directement les habitants d’Amona pour présenter l’accord. Le conseiller de Netanyahu, Yoav Rabinovitch, a servi d’intermédiaires avec les habitants, a déclaré Glick.

Le député du Likud Yehuda Glick pendant son investiture à la Knesset, le 25 mai 2016. (Crédit : porte-parole de la Knesset)

Le député du Likud Yehuda Glick pendant son investiture à la Knesset, le 25 mai 2016. (Crédit : porte-parole de la Knesset)

« Et ensuite, vers 00h30, 1h00 [du matin, dans la nuit de samedi à dimanche], il y a eu une réunion entre Netanyahu, Bennett et Dagan, où ils ont mis à l’écrit tout ceci », a-t-il déclaré.

Suite à des discussions marathons mardi, les habitants avaient rejeté par 59 voix contre 20 un accord similaire, mais qui ne permettait qu’à 12 familles sur les 40 vivant à Amona d’être relogées sur un terrain adjacent.

Les habitants avaient expliqué qu’ils avaient rejeté l’accord parce que « le gouvernement ne s’engageait pas vraiment sur quoi que ce soit », et qu’ils n’accepteraient qu’un plan qui assure à chaque famille d’être immédiatement relogée.

Dimanche matin, Avichai Boaron, qui dirige la compagne des habitants d’Amona, a déclaré que le nouvel accord était « bien mieux » que le précédent.

Mais « l’accord comporte aussi des risques, et nous devrons nous interroger pour savoir si nous sommes prêts à prendre ces risques pour avancer », a-t-il déclaré à la radio militaire.

Glick était optimiste sur les perspectives d’acceptation de l’accord par les habitants d’Amona, mais le député du Likud pensait également que l’accord précédent serait accepté, alors qu’il a été rejeté à une large majorité.