Le grand mufti d’Arabie saoudite a appelé les musulmans à « combattre » l’Etat islamique (EI), « agressif et oppressif », s’il « combat les musulmans », dans des déclarations publiées dimanche par le quotidien Al-Eqtisadiah.

L’EI « fait couler le sang » et ses jihadistes « n’ont fait que tuer depuis qu’ils ont commencé leur combat » en Syrie et en Irak, a déclaré Cheikh Abdel Aziz Al-Cheikh, qui représente la plus haute autorité religieuse d’Arabie saoudite.

« S’ils combattent des musulmans, les musulmans doivent les combattre pour débarrasser le peuple et la religion du mal qu’ils incarnent et du tort qu’ils causent », a-t-il dit dans les propos rapportés dimanche.

Le mufti répondait à une demande d’un Irakien en vue d’une fatwa (édit religieux) pour combattre l’EI.

Emboitant le pas au roi Abdallah, le grand mufti avait, dès le mois d’août, qualifié l’EI « d’ennemi numéro un de l’islam ».

L’Arabie saoudite fait partie des pays du Golfe qui se sont déclarés prêts à soutenir une opération internationale, dirigée par les Etats-Unis, pour combattre les jihadistes ultra-radicaux de l’EI.

L’Arabie saoudite, royaume majoritairement sunnite, est le berceau du wahhabisme, version rigoriste de l’islam. Quinze des 19 kamikazes du 11 septembre venaient d’Arabie saoudite et, selon des experts, comme pour l’Afghanistan, Ryad redoute le retour sur son territoire de djihadistes engagés en Syrie et en Irak.

Le royaume saoudien vient d’achever la construction d’une épaisse clôture de 900 kilomètres qui sépare désormais son territoire de l’Irak et doit le protéger au nord des infiltrations d’hommes et d’armes.