Les médias iraniens ont rapporté, mercredi, que le représentant religieux de la communauté juive iranienne a sévèrement condamné l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo pour la publication de caricatures du prophète Mahomet.

Se moquer du prophète musulman justifiait la peine de mort selon la loi juive, a-t-il souligné.

Le rabbin Mashallah Golestani-Nejad, qui est devenu grand rabbin en 2007, a déclaré à l’agence de presse gouvernementale iranienne Tasnim
qu’ « insulter une religion revient à insulter Dieu ».

Le site d’information israélien Walla a rapporté que les médias iraniens ont cité le rabbin disant que toute personne portant atteinte à des institutions sacrées « doit mourir par une des peines de mort [à savoir,] le feu, la lapidation, la strangulation, et la décapitation ».

Le rabbin a aussitôt ajouté à cette déclaration que les lois juives n’ « ont bien sûr pas de rapport avec le sionisme moderne ».

Il aurait également affirmé que le journal aurait du être puni quand il avait publié pour la première fois les caricatures du prophète musulman, mais que le gouvernement français n’avait rien fait.

Les commentaires du rabbin semblaient faire référence à la dernière couverture de l’hebdomadaire, le premier depuis que des islamistes armés ont tué 12 personnes dans l’attaque des bureaux du journal.

La couverture représente un Mahomet pleurant tenant une pancarte « Je suis Charlie », sous le titre « Tout est pardonné. » Trois millions d’exemplaires de l’édition spéciale ont été vendus instantanément, et cinq autres millions d’exemplaires ont été imprimés plus tard.

Pendant ce temps, le quotidien iranien Tehran Times a rapporté que des milliers d’étudiants se sont rassemblés lundi pour exprimer leur indignation face à la couverture de Charlie Hebdo, manifestant devant l’ambassade de France à Téhéran et exigeant l’expulsion de l’ambassadeur français.

L’Iran, où vivent des Juifs depuis plus de 3 000 ans, a la plus ancienne population juive du Moyen-Orient en dehors d’Israël. On estime à 20 000 personnes le nombre de Juifs qui vivent en Iran.

Le mois dernier, l’Iran a dévoilé un monument à la mémoire des soldats juifs iraniens qui sont tombés pendant la guerre de huit ans entre l’Iran et l’Irak dans les années 1980.

Lors d’une cérémonie à Téhéran, un membre du Parlement iranien a salué les liens entre la communauté juive iranienne et l’État et son « obéissance » aux guides suprêmes que sont l’ayatollah Ali Khamenei et Ruhollah Khomeini.