Jouer en Israël ou pas ? Essuyer les foudres du BDS, ou celles des amis d’Israël parmi lesquels se trouvent de nombreux fans ? Le groupe français d’Acid Arab, composé d’Hervé Carvalho et Giudo Minisky, a tranché : ni l’un ni l’autre. On mieux, un peu des deux.

Le groupe qui réalise une musique faite d’acid house, de raï et de musique arabe, « prisée en Israël » selon Libération qui publie un article consacré au dilemme d’Acid Arab, a décidé de se produire que dans des lieux symboliquement arabes.

Par exemple, Acid Arab jouera « à Haïfa, grande ville du nord du pays célébrée pour la coexistence de ces populations juives et arabes, et Jaffa (la partie arabe de Tel Aviv, déjà bien grignotée par la gentrification), dans des « salles palestiniennes » uniquement, lors de soirées « organisées par des promoteurs palestiniens », comme ils l’ont souligné dans un post Facebook. Une forme de boycott culturel interne. »

Les nombreux fans israéliens n’ont pas apprécié cette décision, ni les contorsions syntaxiques du groupe sur leur page Facebook pour justifier leur choix : « Nous ne sommes pas anti-Israël, mais nous avions besoin de corriger un point : ‘ceux que nous soutenons, c’est le peuple de Palestine’ « .

Leur producteur Dj Gilb’R (Gilbert Cohen dans le civil) s’est dit dans Haaretz « un peu énervé mais surtout attristé » qu’Acid Arab soit « tombé dans un piège qu’ils avaient réussi à éviter pendant des années ».