Le célèbre guitariste de jazz John McLaughlin a joué à Ramallah lors d’un concert de solidarité avec les Palestiniens, un évènement rare en Cisjordanie qui a fait le bonheur du public.

C’est dans un auditorium plein que le musicien britannique de 72 ans a joué mercredi soir, lors de la dernière étape de sa tournée en Asie.

McLaughlin, qui a notamment enregistré avec le monstre sacré du jazz Miles Davis, a affirmé que la somme recueillie pour le concert serait reversée à Al Mada, une association qui utilise la musique comme thérapie pour soigner des Palestiniens traumatisés ou marginalisés.

« Les gens ici sont isolés (…) c’est important que des personnes de l’extérieur puissent venir », a-t-il dit à l’AFP.

Les Palestiniens « n’ont pas de libertés, ils n’ont même pas de passeports. C’est lamentable qu’un peuple entier se trouve dans une telle situation. Donc je crois qu’il m’appartient de faire prendre conscience aux autres » de cette situation, a-t-il dit.

Le concert, qui alliait sonorités de l’Occident et de l’Orient –la musique indienne a fortement influencé la musique de McLaughlin–, a enchanté le public, composé en grande majorité de Palestiniens.

« C’était excellent. J’adore le jazz et il n’y a pas beaucoup de concerts ici », a déclaré Nabil Turjman, un habitant de Ramallah.

« C’est merveilleux que quelqu’un de si connu vienne de si loin, cela démontre un grand soutien pour (…) les Palestiniens », s’est réjoui également Rana, son épouse.

Il s’agit du second concert de McLaughlin à Ramallah depuis 2012 lorsqu’il s’était produit en soutien à Al Mada.

« Je sais personnellement à quel point la musique a un pouvoir merveilleux », a-t-il dit. « Elle a des qualités de guérison fantastiques ».

« Notre contribution n’est pas énorme (…), nous jouons simplement de la musique. Mais la musique, à mes yeux, est (…) très puissante », a-t-il indiqué mardi à des journalistes.

McLaughlin, arrivé d’Inde mardi, a notamment assisté à des séances de thérapie d’Al Mada.

Cette association, qui cherche à encourager adultes et enfants à exprimer leurs expériences traumatiques via la musique, avait débuté son travail en 2009, sur fond de scepticisme, confie une de ses responsables, Rim Abdel Hadi.

« Au début, c’était un peu difficile », reconnaît-t-elle.

De nombreux Palestiniens « ont pensé qu’il s’agissait là d’un concept bizarre, dans la mesure où la musique est vue comme une activité (…) réservée seulement à ceux qui peuvent se l’offrir », explique-t-elle.

Mais au fil du temps, l’association a gagné en notoriété et a été soutenue et financée par plusieurs agences internationales, dont le l’Agence de l’ONU pour l’aide aux réfugiés palestiniens (Unrwa).