Les dirigeants rabbiniques du mouvement Habad–Loubavitch ont signé une proclamation appelant à signaler immédiatement les agressions sexuelles contre les enfants et les autres types de maltraitances aux autorités laïques.

« Nous reconnaissons, au vu des expériences passées, que nos communautés aurait dû répondre de manière plus responsable et délicate pour aider les victimes et confronter les criminels », peut-on lire dans ce document publié lundi.

La proclamation indique les politiques que toutes les institutions Loubavitch, notamment les écoles et les synagogues, doivent immédiatement adopter, notamment en appelant les enseignants à identifier, répondre et signaler les agressions sexuelles, et à apprendre la « sécurité corporelle » aux élèves.

En plus des agressions sexuelles et des autres maltraitances dont sont victimes des enfants, le document cite les violences domestiques, les violences faites aux personnes âgées et contre les handicapés.

« Le signalement direct et immédiat des suspicions raisonnables de toutes formes de violences et de négligence contre des enfants et des adultes aux autorités civiles est une exigence de la loi juive. Il n’est pas nécessaire de demander une approbation rabbinique avant le signalement », explique le document.

Les diplômés du séminaire rabbinique du Habad à leur cérémonie d'ordination à Morristown, le 26 juin 2016. (Crédit : Chabad.org via JTA)

Les diplômés du séminaire rabbinique du Habad à leur cérémonie d’ordination à Morristown, le 26 juin 2016. (Crédit : Chabad.org via JTA)

En 2016, 300 rabbins orthodoxes avaient signé une proclamation appelant les personnes suspectant des agressions sexuelles contre des enfants de prévenir les autorités laïques et appelant les institutions juives à prendre des mesures préventives pour empêcher ces agressions.

La communauté orthodoxe a traditionnellement hésité à impliquer des autorités extérieures à cause des injonctions contre la mesirah, la dénonciation de Juifs aux autorités non juives, et à diffuser publiquement des accusations contre des Juifs, en particulier contre des dirigeants communautaires.

Des victimes d’agression et leurs familles ont parfois été exclues des écoles religieuses et des synagogues de communautés ultra-orthodoxes, évitées par leurs voisins et harcelées pour nuire à leurs entreprises, ou corrompues pour qu’elles retirent leurs plaintes.

« Quelle que soit la position de l’agresseur, les victimes et les membres de leurs familles doivent être traitées de manière tolérante, pour qu’elles se sentent en sécurité et puissent donc parler franchement, a écrit le Habad. Il est nécessaire qu’elles reçoivent un soutien thérapeutique approprié, et afin de faciliter une enquête adéquate et la justice. Encourager l’ostracisme social des victimes, de leurs familles ou des personnes ayant signalé les actes est strictement interdit. »

Les signataires de ces documents sont notamment les rabbins Yehoram Ulman et Moshe Gutnick, juges du Beth Din de Sydney, Australie, le rabbin Yosef Feigelstock, juge du Beth Din d’Argentine, le rabbin Baruch Hertz de la congrégation Bnei Ruven et de la communauté Habad de l’Illinois, le rabbin Yisroel Rosenfeld, doyen des Yeshiva Schools de Pittsburgh, le rabbin Yosef Shusterman, juge et directeur du Habad de Beverly Hills, en Californie, et le rabbin Mordechai Gutnick du Beth Din de Melbourne, en Australie.

Le document se conclut ainsi : « il est de l’obligation morale et halachique de toute la communauté juive, individuellement et collectivement, de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour préserver les enfants comme les adultes en empêchant les agressions et en répondant de manière appropriée dans les cas où elles se sont produites. »

Dovid Nyer, travailleur social et militant de New York, a coordonné ce projet.