Le Hamas, groupe terroriste palestinien au pouvoir dans la bande de Gaza, a annoncé dimanche la dissolution d’un conseil controversé perçu comme une entrave à l’unité inter-palestinienne, et a appelé son rival du Fatah à engager de nouvelles discussions de réconciliation.

« En réponse aux efforts égyptiens, le Hamas annonce la dissolution du ‘comité administratif’ dans la bande de Gaza et donne son accord pour entamer des discussions sur la réconciliation et pour organiser des élections générales », selon un communiqué publié tôt dimanche.

Le Hamas avait créé en mars dernier ce « comité administratif », formé de sept hauts responsables du mouvement pour gérer les affaires de l’enclave. Cet organe était perçu par Mahmoud Abbas comme un gouvernement parallèle concurrençant l’Autorité palestinienne (AP), qu’il dirige.

En réponse au Hamas, un dirigeant du Fatah, Azzam al-Ahmad, a évoqué une prochaine réunion entre les deux partis suivie d’une rencontre élargie aux autres factions palestiniennes, dans l’optique de discuter d’un document sur la réconciliation.

« Le gouvernement palestinien doit à présent revenir à Gaza pour exercer son autorité, comme il le fait en Cisjordanie », a dit Azzam al-Ahmad, cité par l’agence officielle Wafa.

Nickolay Mladenov en 2013 (Crédit : Marco Castro/Nations unies)

Nickolay Mladenov en 2013 (Crédit : Marco Castro/Nations unies)

Nickolay Mladenov, le coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen Orient, a salué dimanche dans un communiqué les décisions du Hamas.

Il a également rendu hommage à l’Egypte pour « ses efforts incessants pour créer cette dynamique positive », une « opportunité » qui doit être saisie par les parties concernées pour « restaurer l’unité et ouvrir une nouvelle page pour le peuple palestinien », a-t-il ajouté.

Il a également rappelé que les Nations unies étaient prêtes à participer à ces efforts, notamment pour traiter la « priorité » que représente la « grave situation humanitaire dans la bande de Gaza. »

Cette annonce du Hamas a été faite quelques jours après une visite au Caire de son chef, Ismaïl Haniyeh, dont c’était le premier déplacement dans ce pays depuis son élection en mai.

A l’issue des entretiens d’Haniyeh au Caire, le Hamas avait annoncé vouloir dissoudre son comité administratif et avait appelé à tenir de nouvelles discussions pour la formation d’un gouvernement d’union nationale avec le Fatah d’Abbas.

Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, durant une réunion à Ramallah, en Cisjordanie, le 25 juillet 2017. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, durant une réunion à Ramallah, en Cisjordanie, le 25 juillet 2017. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Depuis la création de ce comité, Abbas s’est efforcé d’affaiblir le Hamas et, dans cette épreuve de force, il a notamment bloqué ces derniers mois les versements de la facture de l’électricité fournie par Israël à Gaza, qu’il réglait jusque-là.

L’Autorité palestinienne que dirige Mahmoud Abbas est reconnue par la communauté internationale. Elle est à couteaux tirés avec le Hamas depuis que celui-ci l’a évincée de la bande de Gaza au prix d’une quasi-guerre civile en 2007.

Il n’était pas encore clair dimanche dans quelle mesure cette offre du Hamas allait permettre de rapprocher les deux rivaux.

L’Autorité palestinienne a son siège à Ramallah, en Cisjordanie, un territoire séparé géographiquement de Gaza par le territoire israélien.

La bande de Gaza, qui a connu ces dix dernières années une quasi-guerre civile et trois guerres contre Israël, compte quelque deux millions d’habitants. Elle est soumise à un blocus de l’Etat juif et de l’Egypte.