Une responsable du Hamas a reconnu, par inadvertance, jeudi, que le groupe faisait pression sur les journalistes en reportage à Gaza, pour que leurs rapports correspondent à au narratif du mouvement, les surveillant et les renvoyant du territoire s’ils cherchaient à filmer les lancements de roquettes sur Israël.

Dans une interview avec Al-Mayadeen TV libanaise jeudi, relayé et traduit vendredi par l’Institut d’observatoire du Moyen-Orient (MEMRI), la responsable du ministère des informations étrangères du Hamas, Isra Al-Mudallal, s’est plainte que « la couverture des journalistes étrangers dans la bande de Gaza était insignifiante par rapport celle de l’occupation israélienne (Israël) ».

« De plus », dit-elle, « les journalistes qui sont entrés dans la bande de Gaza étaient obsédés par la notion de paix et le narratif israélien. » Elle a affirmé que la presse étrangère était occupée à « filmer les endroits de tirs des missiles. Ainsi, ils collaboraient avec l’occupation ». (L’armée israélienne a déclaré la semaine dernière que 600 des 3 300 roquettes tirées sur Israël au cours des dernières semaines ont été lancées à partir de zones résidentielles, y compris des écoles, mosquées et maisons.)

« Ces journalistes ont été expulsés de la bande de Gaza », a déclaré Al-Mudallal. « Les agences de sécurité allaient s’entretenir avec ces personnes. Elles leur accordaient du temps pour modifier leur message, d’une façon ou d’une autre. »

« Nous avons beaucoup souffert de ce problème », a-t-elle ajouté. « Certains des journalistes entrés dans la bande de Gaza étaient sous surveillance sécuritaire. Même dans ces circonstances difficiles, nous réussissions à les atteindre, et à leur signifier que ce qu’ils faisaient était tout sauf du journalisme professionnel et que c’était immoral ».

Stuart Winer a contribué à cet article.