Les députés du Hamas à Gaza ont de nouveau appelé mercredi à un « soulèvement » en Cisjordanie après des dizaines d’arrestations d’islamistes par l’Autorité palestinienne accusée d’être le supplétif d’Israël.

Le mouvement terroriste, au pouvoir à Gaza, et l’Autorité du président Mahmoud Abbas qui administre les zones autonomes en Cisjordanie, sont à couteaux tirés depuis des années et leurs relations sont aujourd’hui au plus bas.

Le Hamas appelle désormais régulièrement à la rébellion contre le pouvoir de M. Abbas, qu’il accuse de se compromettre avec Israël en maintenant une coopération sécuritaire.

Dans un nouveau geste de défi à l’Autorité palestinienne, les députés du Hamas se sont réunis dans le bâtiment du Parlement à Gaza alors que cette assemblée ne siège officiellement plus depuis 2007 et la prise du pouvoir par la force du Hamas dans l’enclave.

Ils ont appelé à « un soulèvement et une rébellion contre les arrestations politiques » et exhorté tous les groupes palestiniens à adopter « une position ferme face aux crimes de l’Autorité contre la résistance et ses membres », selon un communiqué.

Les députés ont dénoncé la coopération sécuritaire avec Israël comme « une haute trahison », a ajouté le texte. Le député Khalil al-Haya y a vu la preuve que « la sécurité de l’Autorité est désormais une branche de la sécurité sioniste ».

Cette coopération est la pierre angulaire des Accords sur l’autonomie signés en 1993 à Oslo et qui prévoient une coordination entre forces israéliennes et palestiniennes dans les Territoires.

Pour Israël, la coopération sécuritaire a permis de déjouer des attaques, mais côté palestinien, on y voit surtout une arme anti-Hamas tout aussi utile à l’Autorité palestinienne qu’à Israël.

Début juillet, le Hamas a accusé l’Autorité palestinienne d’avoir arrêté « plus de 200 » de ses membres en Cisjordanie. « Une campagne d’arrestations politiques qui avait pour unique but d’aider l’occupant à débusquer les combattants », a accusé M. Haya.

Un autre député, Mohammed Faraj al-Ghoul, chef de la coalition du Hamas au Parlement, a appelé à « dresser des listes de noms et arrêter ceux qui participent à la coopération sécuritaire ».

En 2007, le Hamas et le Fatah de M. Abbas s’étaient livrés une guerre fratricide pour le contrôle de Gaza.

En 2014, les deux rivaux ont signé un accord de réconciliation qui a fait long feu et les échanges d’invectives se font de plus en plus violents.