Des cadres du groupe terroriste du Hamas ont rencontré lundi en Iran des représentants des puissants Gardiens de la révolution iranienne, selon les médias arabes.

Une délégation du Hamas est arrivée vendredi à Téhéran afin d’assister à l’investiture du président iranien Hassan Rouhani, et pour « écrire une nouvelle page des relations bilatérales » entre les deux parties, selon un communiqué du Hamas.

C’est la première fois que des représentants du Hamas se rendent en Iran depuis l’élection d’une nouvelle direction cette année. Le rapprochement entre le Hamas et l’Iran serait facilité par le groupe terroriste libanais du Hezbollah, soutenu par Téhéran.

La délégation est composée de membres du bureau politique du Hamas, Ezzat al-Resheq, Saleh Arouri, Zaher Jabarin, et Osama Hamdan.

Pendant son séjour en Iran, le groupe a rencontré lundi Mohammad Javad Zarif, le ministre iranien des Affaires étrangères, et d’autres responsables iraniens.

Le quotidien panarabe As-Sharq al-Awsat, influencé par les Saoudiens, a annoncé que des membres de la délégation du Hamas représentant la branche armée du groupe terroriste ont également rencontré des membres des Gardiens de la révolution, une force paramilitaire placée sous le contrôle direct du Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, pour discuter de « sujets communs ».

Les relations entre le Hamas et l’Iran se sont détériorées quand le groupe palestinien sunnite, dont l’ancien chef, Khaled Meshaal, a habité à Damas, a refusé de soutenir l’axe non sunnite mené par le président syrien Bashar el-Assad dans la guerre civile, qui déchire le pays depuis 2011. L’Iran soutient Assad.

Selon l’article, l’Iran cherche cependant à restaurer ses relations avec le Hamas depuis l’élection d’Ismail Haniyeh et de Yahya Sinwar, respectivement à la tête du bureau politique et du groupe terroriste dans la bande de Gaza. Les deux hommes seraient plus ouverts à la réconciliation avec l’Iran que ne l’était Meshaal.

Pendant leur rencontre lundi, Zarif a dit à la délégation du Hamas, selon un communiqué du groupe, que l’Iran était « prêt à mettre tous les désaccords de côté pour le bien du soutien à la Palestine et au peuple palestinien, ainsi que pour l’unité du monde musulman. »

Mohammad Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères, pendant la 53e Conférence sur la sécurité de Munich, le 19 février 2017. (Crédit : Christof Stache/AFP)

Mohammad Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères, pendant la 53e Conférence sur la sécurité de Munich, le 19 février 2017. (Crédit : Christof Stache/AFP)

Zarif a ajouté que la question palestinienne restait l’une des priorités de la politique étrangère de l’Iran.

D’autre part, Resheq, qui dirigeait la délégation du Hamas, a décrit le renouvellement des relations entre l’Iran et le groupe terroriste comme une priorité du monde islamique dans ses efforts pour vaincre Israël.

« Le Hamas pense que le monde musulman devrait être uni et devrait mettre les querelles de côté et unir ses forces contre l’ennemi commun, qui est Israël », a-t-il dit.

Lundi, la délégation du Hamas a également rencontré le conseiller de Khamenei en charge des affaires internationales, Ali Akbar Velayati, qui a dit que « Téhéran est aux côtés du Hamas. »

A-Sharq al-Awsat avait annoncé en mai que le Hamas et l’Iran menaient des discussions intenses au Liban, auxquelles participaient des membres des Gardiens de la révolution.

Selon le journal, un accord avait été conclu entre les deux parties, qui permettrait le retour des relations diplomatiques là où elles en étaient avant l’éclatement de la guerre civile syrienne.

L’accord aurait été soutenu par le commandant des brigades al-Quds des Gardiens de la révolution, Qassam Soleimani, Haniyeh, et Sinwar.

 Yahya Sinwar, à droite, nouveau chef du Hamas dans la bande de Gaza, et Ismail Haniyeh pendant l'enterrement de Mazen Foqaha, dans la bande de Gaza, le 25 avril 2017. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Yahya Sinwar, à droite, nouveau chef du Hamas dans la bande de Gaza, et Ismail Haniyeh pendant l’enterrement de Mazen Foqaha, dans la bande de Gaza, le 25 avril 2017. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Les réunions de lundi à Téhéran ont eu lieu alors que le Qatar, l’un des rares soutiens étrangers du Hamas, est toujours soumis à une importante pression de la part de ses voisins du Golfe pour rompre ses relations avec le groupe terroriste. S’il le fait, le résultat pourrait être désastreux pour la bande de Gaza, un territoire dirigé depuis une décennie par le Hamas.

Le Qatar a investi des centaines de millions de dollars pour construire des routes, des logements et un hôpital important dans la petite enclave. Ses projets d’infrastructure comptent parmi les rares créations d’emplois dans cette économie en grande difficulté.

Gaza souffre déjà d’un blocus israélo-égyptien, imposé pour empêcher le groupe d’importer des armes, de la misère économique et de ruptures chroniques de courant. Pour le Hamas, l’injection de l’argent qatari dans l’économie est une bouée de sauvetage vitale pour son règne.

Des relations plus étroites entre le Hamas et l’Iran n’amadoueront probablement pas les états du Golfe et l’Egypte. L’un des principaux facteurs de la crise reste les bonnes relations entre le Qatar et Téhéran, et la crainte que l’Iran n’étende son influence en déstabilisant plus encore la région.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.