Le Hamas a demandé jeudi au nouveau gouvernement d’union palestinien de payer ses fonctionnaires, à la suite d’échauffourées entre des employés mécontents devant des banques de la bande de Gaza.

Cette requête illustre les premières difficultés auxquelles est confronté le gouvernement d’union palestinien qui a prêté serment lundi, après l’accord de réconciliation du 23 avril scellant la fin de la division politique remontant à 2007 entre la Cisjordanie, dont l’Autorité palestinienne administre les zones autonomes, et la bande de Gaza dirigée par le Hamas et sous blocus israélien.

Des bagarres ont éclaté tard mercredi soir dans la bande de Gaza lorsque des fonctionnaires du Hamas ont tenté d’empêcher ceux de l’Autorité palestinienne de retirer leurs salaires. Les forces de sécurité du Hamas sont intervenues, fermant les distributeurs, afin de ramener le calme, selon des témoins.

« Ce qui s’est produit dans les banques résulte de la colère d’employés discriminés et privés de leurs salaires », a expliqué un porte-parole du Hamas à Gaza, Sami Abou Zouhri.

« Le nouveau gouvernement doit prendre ses responsabilités pour tous, et ne pas mettre en œuvre des mesures qui ramèneront les divisions passées », a-t-il averti.

L’Autorité palestinienne avait versé mercredi, comme à l’accoutumée, les salaires de ses fonctionnaires basés dans la bande de Gaza. Mais les 50 000 fonctionnaires du Hamas ne sont pas, eux, inscrits sur les registres de paie de l’Autorité palestinienne.

Exsangue financièrement, le Hamas est incapable depuis plusieurs mois de payer régulièrement ses fonctionnaires, et ces derniers espéraient pouvoir être payé par l’Autorité palestinienne immédiatement après l’accord de réconciliation.

L’Autorité palestinienne, basée à Ramallah, a affirmé pour sa part qu’elle « étudierait » la possibilité de payer les fonctionnaires du Hamas.

« Le budget pour les salaires de ce mois (de mai, ndlr) a été préparé avant l’accord de réconciliation », a expliqué à Ramallah le porte-parole du gouvernement Ihab Bseisso.

« Il y a de nombreuses procédures techniques que le ministre des Finances doit étudier, et les commissions financières et juridiques doivent se réunir pour examiner ce problème », a-t-il précisé.