Le Hamas s’est dit mercredi « choqué » par l’appel de Ryad à son grand parrain le Qatar pour qu’il cesse de soutenir le mouvement terroriste palestinien, sur fond de crise dans le Golfe, notamment à propos du financement du « terrorisme ».

« C’est une incitation à la haine contre le Hamas », a estimé le Hamas dans un communiqué, après que le ministre saoudien des Affaires étrangères a exhorté le Qatar à ne plus soutenir le mouvement terroriste ni les Frères musulmans, auquel Adel al-Jubeir reproche de « saper l’autorité » de l’Autorité palestinienne (AP) du président Mahmoud Abbas et de l’Egypte.

Le Qatar doit « changer ses politiques » et cesser de soutenir les « groupes extrémistes », a indiqué al-Jubeir à Paris, un jour après avoir rompu les relations diplomatiques avec le pays du Golfe, ajoutant que le Qatar devait « agir comme un pays normal. »

Le ministre n’a pas précisé ce qu’il attendait du Qatar, disant que « plusieurs mesures doivent être prises, ils le savent. »

« Nous avons décidé de prendre des mesures pour annoncer qu’assez, c’est assez, a-t-il poursuivi. Personne ne veut blesser le Qatar. Le Qatar doit décider s’il va dans une direction ou dans une autre. »

Des membres des brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas, exposent des roquettes Qassam "maison" pendant une parade militaire anti-Israël, à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza,le 21 août 2016. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Des membres des brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas, exposent des roquettes Qassam « maison » pendant une parade militaire anti-Israël, à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza,le 21 août 2016. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Il a également accusé le Qatar, pays riche en matières premières, de soutenir un « média hostile ».

Dimanche, le Hamas a démenti que le Qatar avait expulsé plusieurs de ses cadres de son territoire, mais a semblé reconnaître que ses membres quittaient le pays.

L’AP à Ramallah est soutenue par l’Arabie saoudite, et le Hamas à Gaza, soutenu par le Qatar, restent à couteaux tirés.

Le Hamas a récemment perdu des alliés et parrains dans la région.

Le président égyptien déchu Mohamed Morsi, lors d'une rencontre avec le secrétaire d'Etat américain John Kerry, en mai 2013. (Crédit : département d'Etat américain/domaine public/Wikimedia Commons)

Le président égyptien déchu Mohamed Morsi, lors d’une rencontre avec le secrétaire d’Etat américain John Kerry, en mai 2013. (Crédit : département d’Etat américain/domaine public/Wikimedia Commons)

Il s’est ainsi brouillé avec le régime de Bashar el-Assad au début en 2011 de la guerre en Syrie, puis ses relations se sont gravement détériorées avec son voisin égyptien lorsque l’armée a destitué le président islamiste Mohamed Morsi en 2013. L’Egypte contrôle l’unique ouverture sur le monde des deux millions de Gazaouis qui ne soient pas aux mains d’Israël.

Depuis, les Frères musulmans, dont faisait partie Morsi et dont le Hamas est issu, a été déclaré mouvement terroriste dans plusieurs pays arabes.

Le Qatar assure une grande partie du financement de la reconstruction dans la bande de Gaza. C’est notamment ce riche émirat gazier du Golfe qui paye régulièrement l’approvisionnement en fuel et en électricité des deux millions de Gazaouis, que l’Autorité palestinienne refuse désormais de prendre en charge.