Le Hamas palestinien a commencé jeudi à payer les salaires de plus de 40 000 de ses fonctionnaires dans la bande de Gaza, avec plusieurs mois de retard, a annoncé le ministère des Finances.

La majorité des fonctionnaires du mouvement, qui gouvernait officiellement la bande de Gaza jusqu’à début juin, n’avaient pas été payés depuis octobre 2013, le Hamas étant étranglé financièrement par le blocus israélien de Gaza et la destruction par l’Egypte des tunnels reliant l’enclave palestinienne à son territoire.

Les autres employés n’avaient reçu qu’un salaire partiel.

Pour la première fois depuis des mois, tous les fonctionnaires du Hamas ont été payés, chacun recevant entre 1 000 et 4 500 shekels (entre 215 et 960 euros) en fonction de leur échelon salarial, a précisé le ministère des Finances.

Le gouvernement du Hamas a théoriquement cédé le pouvoir à Gaza au moment de la formation le 2 juin d’un gouvernement de personnalités indépendantes né de sa réconciliation avec le Fatah du président Mahmoud Abbas.

Mais il continue de facto à contrôler l’enclave palestinienne.

Des responsables du mouvement, sous couvert d’anonymat, ont déclaré à l’AFP que le Hamas avait pu commencer à payer les salaires en retard grâce à des impôts qu’il avait perçus.

Selon l’analyste politique Moukhaimer Abu Saada, ces fonds pourraient également provenir de l’aide humanitaire versée à Gaza pendant et après le conflit, et de donateurs comme le Qatar.

Après la réconciliation entre l’OLP et le Hamas, ce dernier a réclamé que le nouveau gouvernement palestinien dirigé par Rami Hamdallah paye les salaires de ses fonctionnaires.

Hamdallah a affirmé dimanche que son gouvernement avait été menacé de « boycott » par la communauté internationale s’il accédait à cette demande.

En juin, peu après la formation du gouvernement, le Qatar, grand allié du Hamas, avait promis de payer durant trois mois 19 des 23 à 30 millions d’euros que représentent les salaires des fonctionnaires de Gaza.

Mais Doha n’a encore effectué aucun versement.