Le groupe terroriste palestinien du Hamas a démenti dimanche que le Qatar expulse plusieurs de ses cadres.

Le démenti a eu lieu au lendemain de l’annonce par la chaîne libanaise al-Mayadeen que le Hamas avait été récemment informé de la décision par un représentant de l’émirat du Golfe, d’expulser des membres de l’organisation terroriste en raison de « pressions externes ».

Un porte-parole du Hamas a déclaré que l’information était fausse et visait à diffamer l’organisation et à perturber ses relations étrangères, a indiqué la Deuxième chaîne.

Le porte-parole a dit que le groupe réorganisait ses activités après la nomination d’une nouvelle direction.

Le dirigeant politique du Hamas, Khaled Meshaal, à Doha, au Qatar, en août 2014. (Crédit : capture d'écran Yahoo News)

Le dirigeant politique du Hamas, Khaled Meshaal, à Doha, au Qatar, en août 2014. (Crédit : capture d’écran Yahoo News)

Ismail Haniyeh a été élu à la tête du Conseil de Shura du Hamas en mai. Son ascension est le signe le plus récent d’un changement de pouvoir au sein du Hamas, de dirigeants basés à l’étranger à ceux de la bande de Gaza. Son prédécesseur, Khaled Meshaal, habite au Qatar.

Depuis que le Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza à l’Autorité palestinienne dans un coup sanglant en 2007, le Qatar a versé des centaines de millions de dollars pour le territoire et soutenu diplomatiquement le Hamas, protégeant Meshaal. Samedi, l’on ne savait pas si Meshaal faisait partie de la liste de ceux à qui il avait été ordonné de partir.

Selon al-Mayadeen, les personnes pointées du doigt sont des membres du Hamas chargés de coordonner les agents du groupe terroriste en Cisjordanie. La liste de noms aurait été établie à partir des interrogatoires israéliens des prisonniers sécuritaires palestiniens.

Les Qataris se seraient excusés de cette décision, conséquence de « pressions externes » sur Doha.

Il n’a pas été donné de précisions sur la source de cette pression, mais l’information a été annoncée deux semaines après la rencontre du président américain Donald Trump avec des dirigeants musulmans en Arabie saoudite. Il leur a demandé de former une coalition contre le terrorisme islamiste.

Le président américain Donald Trump pendant le sommet arabo-islamico-américain à Riyad, en Arabie saoudite, le 21 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

Le président américain Donald Trump pendant le sommet arabo-islamico-américain à Riyad, en Arabie saoudite, le 21 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

La Dixième chaîne a cité samedi soir des responsables palestiniens affirmant que la pression sur le Qatar pour expulser les cadres du Hamas provenait de l’Arabie saoudite et des Etats-Unis. Les sources ont ajouté que cette liste de noms n’était « que le début » et que d’autres expulsions suivraient.

Meshaal a fui à Doha depuis Damas en 2012, en raison de désaccords présumés avec le régime syrien sur sa brutale répression des manifestants et des rebelles pendant la guerre civile syrienne. Comme le Hamas, les rebelles sont majoritairement des musulmans sunnites.

En plus du Qatar, plusieurs membres du Hamas vivraient en Turquie, notamment Saleh al-Arouri, un cadre du groupe terroriste qui est chargé, selon Israël, de former les cellules terroristes de Cisjordanie.

Dans son discours à Ryad, le président américain a affirmé que le Hamas était un groupe terroriste et l’a associé à d’autres organisations terroristes comme le Hezbollah et l’Etat islamique. A Ryad, Trump a également rencontré l’émir du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad al Thani.

Le Qatar est critiqué ces derniers jours par ses voisins du Golfe en raison de ses relations avec l’Iran et avec les Frères musulmans.