Le Hamas est le deuxième groupe terroriste le plus riche du monde, avec environ 1 milliard de dollars, selon le classement publié par Forbes Israel cette semaine qui révèle la liste des 10 groupes terroristes les plus riches du monde.

L’organisation islamique palestinienne, qui dirige la bande de Gaza et qui perçoit les impôts et les aides internationales, se classe deuxième. Seul l’Etat islamique le devance avec 2 milliards de dollars à sa disposition.

En troisième position, on retrouve les Forces armées révolutionnaires de Colombie – connues sous le sigle de FARC – avec 600 millions de dollars. Le groupe libanais du Hezbollah est sorti quatrième de ce classement avec 500 millions de dollars tandis que les Talibans, avec une fortune estimée à 400 millions de dollars, clôturent le top 5.

L’article de Forbes ne précise pas comment les groupes terroristes trouvent leurs financement. Le Hamas avait pu contrôler les importations dans la bande de Gaza grâce à leurs tunnels de contrebande dans le Sinaï avant qu’ils ne soient en grandes partie détruits par l’armée égyptienne.

L’organisation est aussi soutenue par les donateurs internationaux comme le Qatar qui contribue à l’économie de l’enclave côtière.

Les Palestiniens ont demandé à la communauté internationale de leur donner 4 milliards de dollars pour aider à la reconstruction de Gaza qui a été dévastée après la guerre de cet été avec Israël. Certains pays ont exprimé leur inquiétude quant à la possibilité que cet argent puisse se retrouver entre les mains du Hamas.

Pendant la conférence des donateurs en octobre, les promesses de dons des envoyés internationaux s’élevaient à 5,4 milliards de dollars.

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a annoncé, dès le début de la conférence, que l’aide américaine atteindrait 212 millions de dollars.

Les milliards du Hamas ne représentent rien lorsqu’on les compare à l’immense richesse de l’Etat islamique.

En plus de contrôler de vastes réserves de pétrole en Irak et en Syrie, l’EI a réussi à prendre le contrôle des banques principales de Mossoul cette année. Il a ainsi pu prendre à son compte plus de 400 millions de dollars.

Al-Qaeda, qui à une époque comptait parmi ses branches l’Etat islamique, est sixième au classement avec 150 millions de dollars. Il est suivi par Lashkar-e-Taiba au Pakistan (avec 100 millions de dollars), Harakat al-Shabaab (avec 70 millions), l’Armée républicaine irlandaise véritable [ou l’IRA véritable] (avec 50 millions de dollars) et le groupe terroriste nigérian Boko Haram (avec 25 millions de dollars).

Les experts affirment que les immenses capacités financières de l’Etat islamique posent un problème majeur pour ceux qui luttent contre le terrorisme.

« La puissance économique des organisations comme l’Etat islamique a augmenté la menace sur les pays occidentaux et les Etats arabes modérés », analyse Giora Eiland, l’ancien chef du Conseil de la Sécurité nationale. Cette analyse a été reprise par Forbes.

« Cependant, pour que leur activité financière puisse continuer il leur faut des partenariats avec d’autres Etats ou d’autres organismes. L’EI, malgré toutes les ressources financières qu’il possède, est dépendant d’un partenariat avec une autre partie. Son pétrole, par exemple, il le vend à la Turquie, donc finalement il y a une coopération avec elle – et c’est ce qui est inquiétant ».

Eiland appelle à la mise en place d’une réglementation et d’une législation contre ces groupes terroristes ainsi que des mesures contre les pays et les organismes qui financent et soutiennent ces organisations terroristes.

Eiland exhorte à ce que l’on interdise ce type d’organismes, que l’on impose des sanctions, ou à ne pas faire des affaires avec une entité qui traite avec des groupes terroristes.

Ce genre de mesures a déjà été pris dans le passé.

En septembre, un tribunal de New York a déclaré la Banque multinationale Arab Bank, basée en Jordanie, coupable de 24 chefs d’accusations pour avoir soutenu le terrorisme car elle transférait des fonds au Hamas.

Près de 300 familles américaines des victimes de 24 attaques terroristes menées en Israël et dans les Territoires palestiniens au cours de la deuxième Intifada ont déposé une plainte fédérale en 2004.

Les victimes américaines et leurs familles affirment dans leur requête que la banque a enfreint la loi antiterroriste de 2001 lorsqu’elle a servi d’intermédiaire pour transférer l’argent d’un fonds saoudien aux familles de Palestiniens décédés, dont certaines étaient celles des kamikazes.

Un second procès devra déterminer combien la banque le montant des dommages et intérêts.

L’AFP a contribué à cet article.