L’aile militaire du Hamas a diffusé une vidéo musicale en hébreu dans la soirée de jeudi narguant les parents de deux soldats israéliens qui auraient été tués sur le front durant la guerre contre le groupe terroriste, affirmant que les deux hommes sont encore vivants et détenus en captivité à Gaza.

Même si leurs dépouilles n’ont jamais été découvertes, l’armée a établi que le sergent Oron Shaul et le Lieutenant Hadar Goldin avaient été tués au cours de la guerre qui a opposé Israël au Hamas durant la guerre de 2014. Elle maintient que leurs corps ont été saisis par le groupe terroriste comme outils de marchandage.

Le Hamas n’a jamais fourni de preuves que les deux hommes étaient encore en vie, notamment dans la vidéo parue jeudi.

Si Israël a déterminé pour sa part qu’il n’y avait aucun doute sur le fait que Shaul et Goldin étaient morts avant que leurs corps ne soient retrouvés, le Hamas n’a jamais admis leur décès. La vidéo morbide diffusée jeudi semble chercher à renforcer la revendication du Hamas, qui affirme qu’ils sont encore en vie.

« Mère, mère, je suis là. Pourquoi disent-ils que je suis mort ? » interroge l’une des paroles.

A travers toute la vidéo, les photos de Shaul et de Hadar apparaissent aux côtés de leurs mères et de leurs pères respectifs.

« Mère, mère, l’état est responsable de ceux qu’il a perdus. Un jour viendra où les responsables seront jugés », dit aussi la chanson.

La chanson a été diffusée avec un hashtag en arabe qui l’accompagne sur Twitter et qui peut se traduire par « votre gouvernement ment ».

« Maman, papa, je suis dans la prison des Brigades Qassam. « Faites tout ce que vous pouvez pour qu’éclate la vérité », dit une autre ligne.

L’année dernière, le Hamas avait fait paraître une vidéo musicale similaire laissant présumer que les militaires pourraient être encore en vie.

La vidéo, jeudi, a été mise en ligne vingt-quatre heures après que la mère de Goldin a condamné le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour sa conduite envers son fils.

Lea Goldin, la mère d'un soldat mort au combat, lors d'une réunion de la commission du Contrôle de l'Etat sur le rapport établi sur l'opération Bordure protectrice, à la Knesset, le 19 avril 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Lea Goldin, la mère d’un soldat mort au combat, lors d’une réunion de la commission du Contrôle de l’Etat sur le rapport établi sur l’opération Bordure protectrice, à la Knesset, le 19 avril 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Leah Goldin, lors d’une audience de la commission de contrôle de l’état de la Knesset consacrée à la guerre de Gaza en 2014, a accusé Netanyahu d’avoir transformé les familles Goldin et Shaul en « ennemis du peuple », en opposant leur désir de retrouver les dépouilles de leurs fils aux besoins sécuritaires du pays.

« L’opération Bordure protectrice n’est pas finie », a déclaré Leah Goldin, utilisant le nom officiel donné à la guerre par Israël. « Le Hamas voulait enlever des soldats et il en a encore deux ».

L’état Juif à tenté, en plus de récupérer les dépouilles de Goldin et Hadar, de garantir la libération par le Hamas de deux ou trois Israéliens ayant pénétré de leur plein gré dans la bande de Gaza : Avraham Mengistu, Hisham al-Sayed et peut-être Juma Ibrahim Abu Ghanima, dont la présence à Gaza n’a pas été confirmée.

Le Hamas demande pour sa part la libération par Israël des 60 prisonniers de l’accord Shalit passé en 2011, qui ont été ré-arrêtés lors de l’enlèvement de trois adolescents israéliens en Cisjordanie (il est apparu plus tard qu’ils avaient été tués presque immédiatement après leur kidnapping) avant que toute avancée dans les négociations puisse survenir.

Oron Shaul, Hadar Goldin et Avraham Mengistu. (Crédit : Flash 90/Times of Israel)

Oron Shaul, Hadar Goldin et Avraham Mengistu. (Crédit : Flash 90/Times of Israel)

Le leader du Hamas Khaled Meshaal a laissé entendre samedi qu’un échange de prisonniers pourrait toujours être possible après des années de négociations ratées entre les deux parties.

« Pour toute information concernant les Israéliens capturés, il y aura un prix à payer. Les menaces d’Israël n’effraient pas le mouvement du Hamas », a-t-il ajouté.

Au début de l’année, Israël, par le biais d’un médiateur, avait offert de libérer le membre du Hamas Bilal Razaineh en échange de Mengistu ou Sayed à l’occasion de ce qui avait été décrit comme un « échange humanitaire », les trois étant considérés comme ayant une santé mentale défaillante. Le Hamas avait décliné l’offre.