L’annonce d’un nouveau cessez-le-feu de 5 jours jusqu’à lundi soir ne signifie pas nécessairement qu’un accord à long terme est proche. L’accord des parties, en principe, pour 120 heures de calme supplémentaires découle principalement de leur incapacité à trouver une solution, et non d’une réduction des divergences.

Les trois parties concernées dans les pourparlers du Caire – Israël, le Hamas et l’Egypte – sont profondément en désaccord, non seulement entre elles mais aussi en interne, sur leurs propres intérêts, réduisant de fait les perspectives d’un accord global.

Israël souhaite apparemment un cessez-le-feu à long terme, mais ne payera pas le prix fort de la levée du blocus sur la bande de Gaza sans un changement radical : le désarmement du Hamas.

L’Égypte n’acceptera en aucune façon d’accord qui donnerait une légitimité au Hamas, et donc, presque tous les accords s’opposent à ses intérêts. Dans le même temps, elle ne veut pas que les pourparlers échouent totalement, car cela signifierait la fin de sa médiation, et la recherche d’un remplaçant, comme le Qatar.

En ce qui concerne le Hamas, ses conflits internes sont les pires de tous.

Les dirigeants islamistes de Gaza veulent mettre un terme au conflit, mais savent que sans gain significatif – comme un port ou aéroport – ils seront soumis à une sévère critique de la population de Gaza et de ses rivaux, des groupes terroristes plus extrémistes.

Le Hamas sait également que l’Autorité palestinienne peut profiter de son échec pour renforcer la position du Fatah dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. Et pourtant, ce succès important semble improbable.

Comment se fait-il que les parties aient convenu de cinq jours supplémentaires de trêve ?

Mercredi matin, les délégués palestiniens, en particulier ceux du Hamas et du Jihad islamique, ont clairement indiqué que la trêve ne dépasserait pas mercredi minuit. A 21h30, le chef de la délégation palestinienne, le représentant du Fatah Azzam al-Ahmed, devait tenir une conférence de presse pour annoncer que les négociations avaient échoué.

Chef de la délégation palestinienne Azzam al-Ahmed donne une conférence de presse dans un hôtel au Caire - 13 août 2014 (Crédit : Khaled Desouki / AFP)

Chef de la délégation palestinienne Azzam al-Ahmed donne une conférence de presse dans un hôtel au Caire – 13 août 2014 (Crédit : Khaled Desouki / AFP)

Mais cette conférence de presse a été reportée suite à une forte pression égyptienne. Les Egyptiens avaient déjà reçu l’accord d’Israël de prolonger la trêve et mis en garde les Palestiniens sur l’annonce d’une fin des pourparlers. Au lieu de cela, ils ont exhorté les délégués du Fatah et du Hamas à annoncer une pause de quelques jours pour concertations.

Cinq jours au Moyen-Orient, c’est presque l’éternité. Pourtant, en l’état, il est peu clair que la trêve de 120 heures aboutira à un accord. Le Hamas veut des promesses de quiconque à l’exception de l’Égypte garantissant qu’Israël acceptera un port maritime et un aéroport à Gaza dans un avenir proche. Mais personne ne peut faire de telles garanties sans promesse de désarmement du Hamas.

Pendant ce temps, l’aile militaire du Hamas exhorte les dirigeants politiques à ne pas faire de compromis. Selon des sources palestiniennes à Gaza, le Hamas veut la poursuite du conflit tant qu’Israël n’est pas disposé à opérer un changement radical dans la réalité de Gaza.

C’est ainsi que la probabilité d’une nouvelle escalade est certainement aussi réaliste que celle d’un accord, si ce n’est plus.

Le Hamas est assiégé au Caire, et pas seulement à Gaza, par trois acteurs hostiles – Israël, l’Autorité palestinienne et l’Egypte. Il pourrait bien décider de ne pas revenir à la table des pourparlers au Caire – du tout.