Le Hamas a publié de nouvelles directives de sécurité pour ses agents du monde entier, suite à l’assassinat d’un ingénieur tunisien, qui aurait dirigé le programme de drones du groupe terroriste. Le Hamas a accusé Israël d’être responsable de cette mort.

Selon un article publié dimanche par le site d’informations Ynet, le Hamas a publié une liste de recommandations à ses agents pendant le week-end, qui est conçue pour diminuer la probabilité de leur exposition.

Il est par exemple recommandé de couvrir ses traces et de garder des informations privées, même des cercles les plus proches. Il est aussi conseillé aux agents de rester à l’écart des organisations ou des personnes suspectes et inconnues, et de ne travailler qu’avec des contacts qui peuvent fournir des recommandations.

Il est également demandé aux agents de prendre les plus grandes précautions quand ils voyagent, de ne jamais utiliser leur identité réelle et de choisir soigneusement ses lieux de rendez-vous. Finalement, l’organisation prévient aussi que la routine est dangereuse, et recommande de changer souvent de trajet afin de rendre la surveillance plus difficile.

Israël n’a pas répondu à l’accusation du Hamas sur la mort de Mohammed Al-Zoari.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman pendant la conférence du barreau israélien à Tel Aviv, le 20 décembre 2016. (Crédit : Flash90)

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman pendant la conférence du barreau israélien à Tel Aviv, le 20 décembre 2016. (Crédit : Flash90)

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman avait joué au modeste la semaine dernière en parlant de l’assassinat de Zoari.

« Si quelqu’un a été tué en Tunisie, ce n’est probablement pas un militant de la paix ou un candidat au Prix Nobel », avait déclaré Liberman à Tel Aviv, pendant un évènement organisé à la Maison de l’Organisation sioniste américaine.

Hedi Mejdoub, ministre tunisien de l’Intérieur, avait déclaré que des journalistes embauchés par des individus prétendant être une entreprise de médias étaient impliqués dans le meurtre de Zoari, 49 ans, devant sa maison de la ville portuaire de Sfax le 15 décembre dernier. Il avait été touché par 20 balles alors qu’il était au volant de sa voiture.

Mejdoub avait annoncé qu’ « au moins deux étrangers » étaient impliqués. Le meurtre, avait-il déclaré, portait la marque de l’ouvrage d’une agence d’espionnage étrangère.

Selon Mejdoub, une journaliste tunisienne a déclaré aux enquêteurs quelle avait été engagée par des étrangers prétendant être une entreprise d’informations qui voulait réaliser des documentaires en Tunisie pour une chaîne de télévision de Malaisie, dont un sur l’industrie aérospatiale des états arabes, et lui avait demandé de contacter Zoari pour qu’il soit interviewé dans l’un des documentaires.

Payée 100 euros par jour plus la couverture de ses dépenses, la femme s’était rendue à Tunis, avait filmé Zoari, et avait donné la vidéo à l’entreprise. Au total, elle a touché 2 000 euros pour son travail. En plus de filmer Zoari, elle a loué plusieurs des voitures utilisées pour son assassinat, a déclaré Mejdoub, ajoutant que le meurtre était prévu depuis des mois, et au moins depuis juin.

Trois jours avant l’assassinat, un étranger travaillant pour la même entreprise avait contacté la journaliste et lui avait demandé de louer deux voitures, puis de quitter le pays le lendemain, avait déclaré le ministre de l’Intérieur.

La journaliste était à Budapest le jour du meurtre, et n’était rentrée à Tunis qu’après.

Mohammed al-Zoari, ingénieur tunisien lié au Hamas, a été tué près de sa maison de Sfax, en Tunisie, le 15 décembre 2016. (Crédit : capture d'écran Dixième chaîne)

Mohammed al-Zoari, ingénieur tunisien lié au Hamas, a été tué près de sa maison de Sfax, en Tunisie, le 15 décembre 2016. (Crédit : capture d’écran Dixième chaîne)

L’accusation avait déclaré que dix suspects, tous tunisiens, avaient été arrêtés pour être interrogés, dont une journaliste, et que les autorités avaient saisi quatre véhicules et deux armes.

Mejdoub avait déclaré que deux ressortissants tunisiens vivant en Suède étaient aussi impliqués dans l’opération. Tous deux avaient loué un appartement à Sfax pour suivre Zoari, et avait loué quatre téléphones portables.

« Les organisateurs ont préparé deux plans, pour deux équipes, au cas où l’une échouait ou était arrêtée. L’assassinat a été prévu méticuleusement et minutieusement », avait-il déclaré.

Les autorités tunisiennes n’ont pas encore identifié qui était responsable de la mort de Zoari.

Les Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas qui contrôle la bande de Gaza, ont déclaré à l’AFP que Zoari était un expert en drone qui avait travaillé pendant dix ans pour la « résistance », et qu’il avait été tué par la « fourberie sioniste ».

Des agences ont contribué à cet article.