Le mouvement terroriste palestinien du Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, a réaffirmé qu’il refusait de reconnaître Israël et rejetait les conditions du Quartet du Moyen Orient.

« Nous ne reconnaîtrons pas l’entité sioniste (Israël) » a déclaré samedi soir Moussa Abou Marzouk, numéro deux du Hamas, qui a récemment conclu un accord de réconciliation avec l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) présidée par Mahmoud Abbas.

Selon les termes de l’accord, le Hamas et l’OLP doivent œuvrer à la formation d’un gouvernement d’union pour préparer des élections.

Le gouvernement israélien de Benjamin Netanyahu a dénoncé cet accord, en soulignant qu’il ne négocierait pas avec un gouvernement soutenu par le Hamas, dont le charte appelle à la destruction de l’Etat d’Israël.

En réaction à cet accord, Netanyahu a décidé de suspendre les négociations de paix israélo-palestiniennes relancées en juillet et qui n’avaient abouti à aucun résultat concret malgré les efforts déployés par le secrétaire d’Etat américain John Kerry.

La reconnaissance d’Israël constitue une des conditions posées dans une « feuille de route » établie en 2003 par le Quartette pour le Moyen Orient (Etats-Unis, Russie, Union européenne et ONU) pour parvenir à un accord de paix.

Les deux autres conditions du Quartet portent sur la renonciation à la violence et la reconnaissance des accords conclus dans le passé entre Israël et l’OLP.

Mahmoud Abbas, qui doit diriger le prochain gouvernement palestinien composé de personnalités indépendantes, a assuré qu’il acceptait ces conditions.

Mais Moussa Abou Marzouk a prévenu que le Hamas continuerait à les refuser. « Le Hamas rejette les conditions du Quartette car elles constituent une négation d’une partie des droits de notre peuple », a-t-il affirmé à des journalistes.

Il a aussi déclaré que la question d’un éventuel désarmement des Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas, n’avait « jamais été mentionnée » durant les discussions avec l’OLP depuis l’accord de réconciliation conclu le 23 avril.

« Personne n’en a parlé », a-t-il assuré.

Azzam al-Ahmad, un haut responsable du Fatah, le mouvement dirigé par Mahmoud Abbas et principale composante de l’OLP, devait effectuer une visite dans la ville de Gaza dimanche et lundi en vue de lancer les consultations pour la formation du prochain gouvernement, a annoncé Moussa Abou Marzouk.

« Il s’agira d’un gouvernement de consensus national qui n’aura rien à voir avec la politique et qui aura des tâches spécifiques », a-t-il poursuivi.

Le Hamas a l’intention de participer aux élections municipales et législatives, mais n’a pas encore pris de décision concernant une éventuelle présentation d’un candidat à la présidentielle.

Le Hamas, considéré comme une organisation terroriste par l’Union européenne et les Etats-Unis, avait remporté une large victoire lors des dernières législatives en 2006 face à ses rivaux du Fatah.