Un haut dirigeant du Hamas a rejeté vendredi l’offre d’assistance massive à la bande de Gaza faite par le ministre de la Défense de Avigdor Liberman en échange de l’abandon des roquettes et des tunnels qui servent à commettre des attentats.

Répondant à la déclaration, jeudi, de Liberman qui affirmait qu’Israël viendrait en aide économiquement à la reconstruction de Gaza, et ce dès que le Hamas renoncerait au terrorisme, Mahmoud al-Zahar a indiqué que si Gaza voulait être un autre Singapour, ce serait déjà le cas, ont rapporté vendredi les médias israéliens.

Zahar, porte-parole du groupe terroriste du Hamas, a également dit que l’appel lancé par Liberman pour obtenir le retour des dépouilles des soldats israéliens tombés au combat et des trois civils israéliens qu’il détient également en échange de la prospérité économique était déplacé.

Se référant aux terroristes palestiniens détenus dans les prisons israéliennes, Zahar a indiqué que le Hamas ne rendrait ces captifs que lorsqu’Israël remettrait en liberté « tous les combattants palestiniens héroïques issus de toutes les factions ».

Au lancement du nouveau site Internet en arabe, en hébreu et en anglais de la Coordination des Activités gouvernementales dans les territoires (COGAT) — l’organisme du ministère de la Défense chargé de la liaison entre Israël et les territoires palestiniens – Liberman a offert la croissance et la prospérité économiques aux habitants de Gaza s’ils acceptaient de mettre en terme aux violences contre Israël.

« Quand le Hamas abandonnera ses tunnels, ses roquettes, alors nous serons les premiers à investir et à construire [pour les habitants de Gaza] un port, un aéroport, et des zones industrielles aux carrefours de Kerem Shalom et d’Erez », a déclaré Liberman. « Nous sommes dans la possibilité de créer immédiatement environ 40 000 emplois pour les habitants de Gaza ».

Liberman a également ajouté que l’organisation devrait accepter d’abandonner ses tunnels transfrontaliers, ses roquettes et, « bien sûr, et c’est le plus important – faciliter le retour des dépouilles des soldats et des citoyens qui sont détenus en captivité par le Hamas ».

Le Hamas retiendrait en otage trois Israéliens qui seraient entrés à Gaza de leur plein gré – Avraham Mengistu et Hisham al-Sayed, ainsi que Juma Ibrahim Abu Ghanima, dont la présence n’a pas été confirmée.

Il détient en outre les dépouilles des soldats israéliens Oron Shaul et Hadar Goldin, dont l’armée a déterminé qu’ils ont été tués durant la guerre de Gaza en 2014.

Les soldats israéliens Oron Shaul (à gauche) et Hadar Goldin (Crédit : Flash90)

Les soldats israéliens Oron Shaul (à gauche) et Hadar Goldin (Crédit : Flash90)

Israel a retiré toutes ses troupes et ses civils de la Bande de Gaza, qui accueille environ 2 millions de Palestiniens, en 2005.

Depuis 2007, l’enclave est dirigée par l’organisation terroriste du Hamas à l’issue d’élections et d’un coup d’état.

Le groupe n’a jamais caché sa volonté de détruire Israël et a combattu dans trois conflits majeurs entre les deux pays depuis 2007, lançant de manière indiscriminée des milliers de roquettes sur le territoire de l’état juif.

Il a également creusé des tunnels en-dessous de la frontière pour mener des attentats terroristes et orchestré les attentats kamikazes qui ont fait des centaines de morts du côté israélien.

Israël a détruit un grand nombre de ces tunnels durant la guerre de 2014 contre le Hamas, mais les gouvernants islamistes de la Bande de Gaza ont depuis reconstruit le réseau.

Tandis que les leaders du Hamas ont parfois indiqué aux organes d’information anglophones qu’ils accepteraient un état le long des frontières d’avant 1967, le porte-parole et les médias officiels du groupe ne cessent, sur une base presque quotidienne, de promettre de reprendre la terre entière de la Palestine historique, dont l’état juif dans sa totalité.

Au mois de janvier, le groupe avait expliqué qu’il réécrivait sa charte d’une manière à faire disparaître tout langage antisémite, mais qui affirme une nouvelle fois avec force le rejet du droit des Juifs à avoir un état en Israël.