Israël ne trouvera pas tous les tunnels transfrontaliers dans la bande de Gaza lors de cette opération. Et si le Hamas est en mesure d’obtenir des conditions de cessez-le-feu qu’il souhaite, il va recommencer à creuser de nouveau une fois ce conflit terminé, a déclaré dimanche un ancien commandant du génie militaire de l’armée israélienne.

« Nous ne les trouverons pas tous » a déclaré le colonel Ataï Shelach, un ancien commandant de l’unité d’élite Yahalom qui s’attaque aux tunnels, et « au moment où nous partirons, ils vont recommencer à creuser ».

L’armée israélienne a trouvé plus de 30 tunnels souterrains qui traversent la bande de Gaza et atteignent Israël. Les canaux sont souvent plus larges que les épaules d’un homme et font près de six pieds de haut ; ils sont réalisés avec des centaines de tonnes d’arcs en béton et atteignent souvent une profondeur maximale de 20 mètres au-dessous du niveau du sol. La plupart des tunnels sont bien éclairés et bien aérés.

Les soldats sur le terrain à Gaza ont signalé la découverte d’explosifs et d’armes cachées dans les tunnels et, en contrecarrant à plusieurs reprises des tentatives d’infiltration, ont trouvé des partisans du Hamas ainsi que des quantités de stupéfiants destinés à faciliter un enlèvement.

Les sources affirment que les tunnels ont été construits pour un méga-attentat prévu le jour du nouvel an juif, au mois de septembre, a rapporté vendredi le site de nouvelles israélien NRG. L’attaque devait être réalisée par 200 terroristes censés surgir simultanément à la frontière et prendre le contrôle de six communautés du Néguev occidental, a rapporté le site.

Six soldats de Tsahal ont été tués par des hommes armés du Hamas qui émergeaient des tunnels en Israël dans le cadre de l’opération Bordure protectrice. Quelque vingt agents infiltrés du Hamas ont été tués dans cinq de ces attaques.

Shelach a déclaré dans une conférence téléphonique que les tunnels existent à Gaza depuis deux décennies et qu’ils « font partie de la culture locale ». Il a dit que les tunnels ont d’abord été utilisés principalement pour la contrebande, une industrie dominée par plusieurs familles. Plus tard, l’activité de ces tunnels s’est intensifiée, d’abord contre les troupes israéliennes à l’intérieur de Gaza, et, après le retrait israélien de Gaza en 2005, contre les troupes du côté israélien de la frontière.

En juin 2006 le caporal Gilad Shalit, un soldat du corps blindé, a été enlevé dans une embuscade lancée à partir d’un tunnel transfrontalier. Shelach estime que le renseignement israélien connait l’activité des tunnels depuis longtemps, y compris lors de l’opération « Pilier de défense » de novembre 2012, lorsque le gouvernement a opté pour un cessez-le-feu après huit jours de guerre aérienne sans répondre directement à la menace des tunnels.

Le porte-parole de Tsahal, le lieutenant-colonel Peter Lerner a récemment décrit que le réseau de tunnels souterrains défensifs et offensifs à Gaza s’apparente à des artères et à des veines traversant la longueur de la bande de Gaza.

Shelach a estimé le nombre total des tunnels à Gaza à « entre des centaines et des milliers ».

Il a dit que le renseignement militaire a fourni « une très bonne image » de l’étendue et de l’emplacement des tunnels avant cette opération et que les captifs du Hamas faits prisonniers ont « si je puis dire, répondu aux questions ».

Il a dit que la destruction complète de la douzaine de tunnels allant vers Israël était « juste une question de temps ».

Le travail est dangereux lorsqu’il est effectué dans une zone de combat, mais peut être fait à partir de l’extérieur du tunnel, en perçant des trous dans la surface avec de la machinerie lourde et par insertion d’explosifs dans le tunnel.

Le Hamas, a-t-il noté, payait les familles près de la frontière afin « de louer » une chambre dans leur maison à partir de laquelle des terroristes commençaient à creuser soigneusement un tunnel depuis la maison.
« Un de leurs outils », a-t-il noté, « a toujours été d’utiliser la population à leurs propres fins ».