Le Hamas est venu soutenir la députée Hanin Zoabi (du parti arabe Hadash), mercredi, en faisant l’éloge de cette parlementaire pour le moins controversée, qui a cru utile d’affirmer que les ravisseurs des trois jeunes Israéliens n’étaient « pas des terroristes ».

« Nous, au Hamas, louons Hanin Zoabi qui défend bec et ongles ses positions », a déclaré un porte-parole de l’organisation terroriste, « et nous espérons que la direction de l’Autorité palestinienne suivra son exemple en soutenant la patrie, les citoyens, et le problème palestinien plutôt que la disparition des soldats, ou le fait de vanter la coordination sécuritaire » avec Israël.

Lors d’une interview avec Al-Jazeera mercredi soir, Zoabi a réitéré sa position concernant les trois adolescents enlevés, Eyal Yifrach, Naftali Frankel, et Gil-ad Shaar. « Nous blâmons le gouvernement israélien, dont la politique terroriste est responsable de ce qui est arrivé au peuple palestinien et qui est même responsable de l’enlèvement », a-t-elle déclaré.

« Israël veut renforcer sa position politique et militaire en Cisjordanie, plutôt que de voir revenir les captifs », a-t-elle ajouté.

Jeudi matin, Zoabi a tenu à préciser que si les adolescents étaient tués par leurs ravisseurs, cela serait considéré – à ses yeux – comme du terrorisme.

« Le terrorisme c’est assassiner », a-t-elle argumenté. « C’est quelque chose d’illégitime et qui ne doit pas se répéter, mais c’est l’Etat d’Israël qui nous a conduit à cet événement ».

Le chef de l’opposition, le député travailliste Isaac Herzog, a envoyé une lettre mercredi matin à Zoabi, faisant valoir que ses déclarations étaient préjudiciables à la communauté arabe d’Israël.

« Hier, alors que nous étions en pleine mission pour retrouver ces garçons, vous avez choisi de prononcer des déclarations obscènes à l’appui de leur enlèvement. Et je prends vos déclarations très au
sérieux », a déclaré Herzog.

« Ces déclarations sont aussi nuisibles à la paix et à la coexistence que les attaques ‘prix à payer’ que nous dénonçons. En outre, ces déclarations ne font qu’aggraver la douleur de ces familles qui attendent impatiemment de connaître le sort de leurs fils, et en ces temps difficiles, il aurait été plus utile de se taire ».

Herzog a été rejoint par des hommes politiques de droite et du centre, qui ont vertement critiqué mardi la députée Zoabi, certains montant au créneau pour qu’elle soit démise de ses fonctions et poursuivie pour ses commentaires.

« Non seulement les ravisseurs sont des terroristes, mais Hanin Zoabi en est une aussi », a écrit le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman sur ​​sa page Facebook. « La peine pour les ravisseurs et pour ceux qui incitent et encouragent les enlèvements, comme le fait Zoabi, devrait être la même ».

Yuli Edelstein, le président de la Knesset, a déclaré que ses commentaires constituaient une incitation et son collègue du Likud, le député Ofir Akunis, a dit qu’il renouvellerait ses efforts, infructueux dans la dernière Knesset, de faire expulser Zoabi du parlement.

La députée Likud Miri Regev a, elle, déclaré que Zoabi devrait être
« expulsée vers la bande de Gaza et dépouillée de son immunité [de la Knesset] ».

Des députés avaient cherché à interdire Zoabi de concourir à la Knesset lors des élections de 2013, en partie parce qu’elle avait participé à la flottille du Mavi Marmara qui cherchait à briser le blocus de Gaza, mais cela avait finalement été annulé par la Cour suprême.