Le Hamas a menacé samedi d’atteindre toutes les villes israéliennes avec ses roquettes, plusieurs heures après avoir ciblé la ville de Beersheva. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu envisage une réponse plus ferme aux attaques.

Samedi, une image digitale téléchargée dans la nuit sur la page Internet en arabe du groupe terroriste montrait un lanceur de roquettes entouré de flammes avec une légende en hébreu disant : « Toutes les villes sont proches de Gaza ».

Dans le même temps, le ministre de l’Economie et du Commerce Naftali Bennett a sévèrement critiqué la politique de retenue d’Israël devant le flot continu de roquettes en provenance de Gaza.

« La stratégie du ‘calme pour calme’ fait du tort à la capacité de dissuasion d’Israël et permet au Hamas de prendre du pouvoir », a déclaré Bennett samedi soir, plusieurs heures après que trois roquettes aient été lancées sur la ville de Beersheva pour la première fois depuis novembre 2012.

« La retenue alors que des femmes et des enfants sont attaqués, ce n’est pas de la force. La retenue devant l’exécution de trois enfants, c’est de la faiblesse », a déclaré le ministre, faisant référence à l’enlèvement et au meurtre des trois adolescents en Cisjordanie le 12 juin.

« Les habitants du Sud ne sont pas des citoyens de seconde zone, nous devons répondre aux tirs de roquettes sur Beersheva, tout comme nous répondrions à une attaque sur Tel Aviv. Il ne faut pas attendre une attaque sur Tel Aviv », a-t-il déclaré.

La Hamas possède des centaines de roquettes capables d’atteindre Tel Aviv et Beersheva, a déclaré samedi l’ancien chef des Renseignements militaires, Amos Yadlin. Selon lui, le fait que le groupe islamiste n’utilise pas ces armes souligne la capacité de dissuasion actuelle d’Israël.

Le chef de l’Armée Benny Gantz a affirmé aux troupes samedi que l’armée israélienne riposterait avec force si les tirs de roquettes provenant de la bande de Gaza continuaient. Il a déclaré que le Hamas était responsable des tirs de roquettes ciblant les civils israéliens. Les forces militaires sont prêtes pour toute éventualité afin de ramener le calme dans le sud du pays.

Les commentaires de Bennett de samedi faisaient écho à ceux de vendredi du ministre des Affaires étrangères Avidgor Liberman, qui a déclaré lors qu’une visite à Sderot que « l’idée ‘qu’au calme répondra le calme’ est une sérieuse erreur ».

« Il n’est pas possible qu’après l’enlèvement et le meurtre de trois adolescents israéliens et deux semaines consécutives d’attaques de roquettes, l’approche d’Israël soit ‘le calme appelle le calme’ », a-t-il déclaré. « Il ne peut pas y avoir d’accord avec le Hamas. Ignorer le problème ou avoir peur d’y faire face nous mènera vers une situation dans laquelle nous seront attaqués par des milliers de missiles, et non pas des centaines ».

Plus de 20 roquettes ont été tirées contre Israël samedi, dont trois sur Beersheva. Plusieurs roquettes ont été interceptées par le système de défense Dôme de fer, tandis que d’autres sont tombées dans des espaces inhabités et n’ont causé aucun dégât. Seul un soldat a été légèrement blessé par un tir de mortier.

L’aviation israélienne a frappé trois cibles du Hamas dans le sud de la bande de Gaza samedi soir. Les avions ont également ciblé un militant du Hamas qui s’apprêtait à tirer une roquette.

Les dernières frappes militaires ont eu lieu vendredi soir. Elles ont également été limitées à trois cibles du Hamas sans faire de victime. La réponse israélienne apparemment limitée à la salve continue de roquettes porte à croire que Jérusalem attend toujours de voir si le Hamas souhaiterait cesser les tirs de roquettes dans le cadre d’un possible accord de cessez-le-feu.

Pourtant, avec l’attaque sur Beersheva, la patience israélienne pourrait maintenant s’épuiser.

L’attaque sur la ville forte d’une population de 200 000 habitants constitue un élément significatif dans une escalade des attaques à la roquette de Gaza et pourrait bien entraîner une réponse sévère d’Israël.

Netanyahu a effectué des consultations urgentes samedi soir avec le ministre de la Défense Moshe Yaalon, le ministre de la Sécurité publique Yitzhak Aharonovitch et les chefs de services de sécurité. Il a déclaré qu’Israël frappait des cibles du Hamas en réponse aux tirs de roquettes et qu’il emploierait plus de force si c’était nécessaire.

Après avoir ordonné mardi un renforcement des forces israéliennes à la frontière avec Gaza, Netanyahu a averti : « Une possibilité est que les tirs vont cesser et que le calme continuera. L’autre est que les tirs continuent et les forces dans le Sud agiront avec détermination. La sécurité de nos citoyens est primordiale ».

La dernière fois que Beersheva a été ciblée, c’était en novembre 2012 lors de l’opération Pilier de Défense que l’armée a lancée pour mettre un terme aux tirs persistants de roquettes depuis Gaza. De nombreuses villes israéliennes, y compris Askhelon, Ashdod et même Tel Aviv et Jérusalem, avaient été ciblées par des roquettes lors de ce conflit.

En huit jours, 1 500 frappes aériennes avaient été menées contre les installations du Hamas et d’autres cibles. Six Israéliens et 167 Palestiniens avaient été tués au cours de l’opération.