Il est peut être trop tôt pour parler d’une nouvelle stratégie belliqueuse du Hezbollah le long de la frontière nord d’Israël.

Et pourtant, les multiples tirs de roquettes sur des cibles israéliennes dans le Golan mardi laissent à penser que le groupe terroriste chiite et son allié, le régime syrien, cherchent à entraîner Israël dans une offensive terrestre.

Au lendemain de l’élimination du commandant du Hezbollah Jihad Mughniyeh, du général iranien Mohammad Ali Allahdadi (et de 10 autres personnes) dans un raid aérien israélien présumé, la sagesse dicterait que le Hezbollah, mû par la vengeance, tenterait de lancer une grande campagne contre Israël ; le long de la frontière ou en attaquant des cibles juives à l’étranger.

Mais il se pourrait bien que l’organisation terroriste libanaise lance une campagne différente, quelque peu surprenante, qui n’exclurait pas nécessairement des frappes sur des cibles israéliennes ou juives à l’étranger : le bombardement répété de communautés israéliennes sur les hauteurs du Golan syrien, dont l’objectif serait d’y entraîner les forces terrestres israéliennes.

En effet, même si cela semble aller à l’encontre de toute logique, certains au Hezbollah pourraient espérer voir des tanks israéliens entrer sur le territoire syrien et frapper des cibles militaires syriennes.

Les bombardements n’ont jusqu’ici réussi qu’à perturber légèrement la routine sur les hauteurs du Golan, notamment la fermeture de la station de ski du Hermon pendant plusieurs heures.

Mais l’on peut supposer que si le Hezbollah est le responsable des attaques, comme le prétendent certains en Israël, ce ne sera pas la dernière attaque du groupe terroriste dans le Golan syrien.

La prochaine étape du Hezbollah pourrait être d’essayer de perturber davantage la situation sécuritaire en tirant des roquettes de façon sporadique sur les hauteurs du Golan, pour forcer l’armée israélienne à faire pénétrer ses troupes à l’intérieur du territoire syrien.

Il serait plus facile pour le Hezbollah de causer des pertes israéliennes dans le Golan afin de détourner l’opinion publique arabe des actes quotidiens de carnage commis par les combattants d’Assad.

En outre, si le Hezbollah réussit à provoquer une incursion terrestre israélienne sur les hauteurs du Golan syrien, les groupes sunnites radicaux de l’État islamique et du Front Al-Nosra peineront à passer pour des collaborateurs de l’Etat juif dans sa lutte contre le régime d’Assad et son allié libanais.

Les tirs de roquettes sur les hauteurs du Golan constituent un sérieux défi pour Israël.

D’une part, Jérusalem doit dissuader le Hezbollah de poursuivre ses efforts pour perturber la vie des Israéliens le nord. De l’autre, une réaction trop agressive incitera le Hezbollah à intensifier ses attaques, ne laissant à Israël d’autre choix que de déployer des troupes au sol.

L’armée de l’air israélienne a indiqué avoir mené dans la nuit de mardi à mercredi des raids contre des positions de l’armée syrienne dans la région sous tension du plateau du Golan.

« Plus tôt aujourd’hui (mardi), des roquettes se sont abattues sur le Golan. En réponse, l’armée israélienne a attaqué des bases d’artillerie de l’armée syrienne », indique un communiqué militaire israélien diffusé aux premières heures de mercredi.

« L’armée tient le gouvernement syrien pour responsable de toutes les attaques en provenance de son territoire et prendra toutes les mesures nécessaires pour défendre les citoyens israéliens », a précisé le porte-parole de l’armée Peter Lerner.

Le ministre de la Défense israélien, Moshé Yaalon, a adressé une mise en garde directe au président syrien Bashar El-Assad.

« Les attaques menées cette nuit par l’armée de l’air contre des cibles situées en territoire syrien sous le contrôle d’Assad sont un message clair que nous ne tolérerons aucun tir vers le territoire israélien (…) et que nous réagirons avec force et détermination », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait déjà prévenu mardi soir qu’Israël était prêt à répondre « avec force ».

Avec AFP