Un collaborateur d’Israël dans les rangs du groupe terroriste libanais Hezbollah a déjoué le plan de l’organisation visant à assassiner l’ancien Premier ministre israélien Ehud Olmert et à attaquer l’ambassade d’Israël en Azerbaïdjan en 2009, a rapporté un quotidien en arabe basé à Londres mercredi.

Selon Al-Araby Al-Jadid, une source politique libanaise a rapporté que Muhammad Shorba, arrêté par le Hezbollah à la fin de l’année dernière, a été nommé par pour venger l’élimination d’Imad Mughniyeh, chef du Hezbollah, en février 2008, en frappant des cibles juives et israéliennes en Europe et en Amérique latine.

Alors qu’il était Premier ministre, Olmert a lancé la deuxième guerre du Liban en août 2006, suite à l’enlèvement transfrontalier par le Hezbollah des soldats israéliens Ehud Goldwasser et Eldad Regev.

Olmert aurait également été impliqué dans l’élimination de Mughniyeh. Le quotidien n’a pas fourni de détails sur la date ou le lieu de l’assassinat planifié d’Olmert.

L’élimination de Mughniyeh est considérée comme un coup majeur porté au Hezbollah, qui avait alors promis de venger sa mort.

Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a reconnu l’arrestation de Shorba dans une interview à la chaîne de télévision libanaise Al-Mayadeen en janvier, disant qu’il était soupçonné cinq mois plus tôt et avait admis collaborer avec Israël après son arrestation.

Shorba était un homme d’affaires en voyage. Il a été recruté par le Mossad dans un « pays d’Asie de l’Ouest », selon un rapport de décembre du quotidien libanais El-Nashra.

Il aurait également dévoilé plusieurs agents du Hezbollah, y compris Mohammed Amadar, arrêté au Pérou à la fin octobre avec du TNT et des détonateurs grâce à des tuyaux du Mossad ; Hossam Yaacoub, condamné à Chypre pour une planification d’attaques contre des touristes israéliens en mars 2013 ; et Daoud Farhat et Youssef Ayad, arrêtés en avril 2014 à Bangkok pour planification d’attaques terroristes contre des touristes israéliens en Thaïlande.

Omri Nir, expert en politique libanaise à l’Université hébraïque de Jérusalem, déclare qu’au regard des tentatives passées du Hezbollah de recueillir des renseignements sur les responsables israéliens, le rapport d’Al-Araby Al-Jadid était probable.

En août 2009, Rawi Sultani de Tirah, 23 ans, a été inculpé pour espionnage de l’ancien chef d’état-major Gabi Ashkenazi dans sa salle de sport.

« Cela semble certainement plausible », déclare Nir au Times of Israel. « J’imagine que, tout comme n’importe quel Etat, ils recueillent des renseignements pour qu’un jour, lorsque l’occasion opérationnelle se présente, ils puissent prétendre que c’était pour venger Mughniyeh. »

Le fait que le Hezbollah n’ait pas remis Shorba aux mains de la sécurité libanaise, mais a insisté pour l’interroger lui-même, et la mention de son nom dans l’interview de Nasrallah, indiquent qu’il est probablement « un gros poisson », ajoute Nir.

Israël a considérablement intensifié sa collecte de renseignements au Liban après la Seconde Guerre du Liban en 2006, quand il a épuisé sa banque cible en quelques jours en raison du manque d’informations de qualité sur le Hezbollah, dit-il.

« Le Hezbollah le sait, et il est stressé. Tous les quelques mois, les médias libanais mentionnent des dispositifs de surveillance [israéliens], des caméras le long de la frontière ou des avions espions », note Nir.

L’élimination du commandant du Hezbollah Hassan Al-Lakis à Beyrouth en décembre 2013 n’aurait pas été possible sans participation interne, ajoute-t-il.

Un rapport du Daily Beast a révélé le mois dernier que l’élimination de Mughniyeh était une opération conjointe entre les agents de sécurité israéliens et américains.

Jérusalem et Washington n’ont pas officiellement revendiqué la responsabilité de l’élimination.