Le double attentat suicide qui a secoué mercredi Al-Dahiyah, un quartier chiite de Beyrouth, tuant au moins six personnes et en blessant des dizaines à proximité d’un institut culturel iranien – illustre l’impuissance quasi-totale du Hezbollah face au terrorisme sunnite.

Les terroristes sunnites ont de nouveau réussi à frapper le Hezbollah et à mener de violentes attaques contre l’un des centres névralgiques du groupe chiite, malgré des mesures sécuritaires sans précédent prises pour éviter ce genre d’attentats.

Ces dernières semaines, le Hezbollah et l’armée libanaise ont déployé des dizaines de points de contrôle au sein du bastion chiite, situé au sud de Beyrouth, et ont fouillé voitures et individus suspects. Et malgré tout, l’attentat de mercredi, revendiqué par les Brigades Abdullah Azzam – la branche libanaise d’al-Qaïda – est parvenu à surmonter ces obstacles.

Cette attaque rappelle l’attentat du mois dernier à proximité de l’ambassade iranienne à Beyrouth : deux terroristes suicides se sont fait exploser presque au même moment dans le quartier chiite de Bir Hassan. Aujourd’hui comme à l’époque, la cible principale était un bâtiment affilié à la République islamique.

La méthode des Brigades Abdullah Azzam – les attentats suicides – n’est pas particulièrement originale. Le Hezbollah, qui a été l’un des premiers groupes à introduire cette tactique au Moyen-Orient, est désormais la cible d’une vague continue d’attentats suicides.

La nomination du nouveau Premier ministre libanais, Tammam Salam, et la formation d’un gouvernement d’union nationale, n’entame en rien la motivation des groupes sunnites à poursuivre leurs attaques. Les Brigades Abdullah Azzam ont déjà annoncé que les attentats contre le Hezbollah ne cesseront qu’à partir du moment où le groupe chiite aura retiré ses forces de Syrie.

Les Brigades Abdullah Azzam ont annoncé que les attentats contre le Hezbollah ne cesseront qu’à partir du moment où le groupe chiite aura retiré ses forces de Syrie.

Dans le même temps, le Hezbollah tâche de ne pas montrer de signe de faiblesse. Cette semaine, son chef Hassan Nasrallah a promis que l’organisation continuerait à se battre sur le sol syrien, visiblement sur ordre de l’Iran. Ses combattants chiites ont connu de lourdes pertes lors des batailles menées dans le pays.

Mardi, les médias libanais révélaient que 27 combattants du Hezbollah avaient été tués dans une embuscade, à proximité de la frontière libano-syrienne. Quelques heures après les attentats suicides de mercredi, des roquettes ont explosé dans un village chiite de la plaine de la Bekaa.

A ce jour, le Hezbollah a perdu près de 300 combattants en Syrie et 1 000 autres ont été blessés. A titre de comparaison, le Hezbollah a essuyé 700 pertes lors de la deuxième guerre du Liban contre Israël à l’été 2006.

Le plus frustrant pour le groupe libanais est sans doute son manque d’alternatives. Aussi longtemps que les Iraniens maintiendront la pression pour combattre en Syrie, le Hezbollah n’aura d’autre choix que d’agir comme il le fait. Il devra continuer à subir de violentes attaques, que ce soit des attentats suicides ou des tirs de roquettes contre des quartiers d’habitation.

Le Hezbollah n’a pas vraiment d’ennemi au Liban qu’il puisse combattre ou vaincre, notamment parce que les militants d’Al-Qaïda se fondent dans la population civile – tout juste comme le fait le Hezbollah.