Un officier du groupe terroriste chiite libanais Hezbollah a emmené les journalistes libanais jeudi près de la frontière libanaise avec Israël, pour leur montrer les nouvelles défenses de l’État juif et en affirmant qu’Israël était passé pour la première fois de son histoire à une doctrine « défensive ».

L’armée israélienne a changé la topographie de la frontière entre Israël et le Liban, sculptant et moulant le paysage afin de rendre plus difficile pour les combattants du Hezbollah d’attaquer les villes frontalières d’Israël.

Lors d’une session de question-réponse avec les journalistes, l’officier du Hezbollah a refusé de répondre aux questions concernant une possible guerre avec Israël ou à propos de l’organisation terroriste elle-même.

Cependant, a-t-il ajouté, dans une vidéo publiée par la Société libanaise de radiodiffusion gouvernementale, « pour la première fois dans l’histoire de cet ennemi, il passe d’une doctrine offensive à une doctrine défensive ».

Une photo prise le 20 avril 2017 du côté libanais de la frontière avec Israël montre une station d'observation militaire israélienne près du kibboutz de Hanita, Israël (Crédit : AFP PHOTO / JOSEPH EID)

Une photo prise le 20 avril 2017 du côté libanais de la frontière avec Israël montre une station d’observation militaire israélienne près du kibboutz de Hanita, Israël (Crédit : AFP PHOTO / JOSEPH EID)

L’officier du Hezbollah, entouré d’un groupe de journalistes, a concentré son discours sur « la réalité géographique et la propagation de l’ennemi sioniste, et les mesures défensives prises par l’ennemi ».

Debout dans une position où il regarde vers Israël, il a démontré qu’il connaissait bien les positions des différentes villes israéliennes dans la région, y compris Shlomi, Avivim et Hanita.

Hanita, a-t-il ajouté, a été construit par les « gangs de la Haganah » – la plus grande milice qui a été créée avant la création d’Israël et le précurseur de l’armée israélienne – « à partir de 1932 ».

« Il y a beaucoup de colonies construites sur les ruines palestiniennes par l’ennemi sur les terres pures », a-t-il déclaré.

Il a ensuite évoqué les unités opérant dans la région.

« Il existe un certain nombre de sites militaires sous le commandement de la Brigade occidentale, la Brigade 300, qui est subordonnée au commandement du Nord. Récemment, le général Yoel Strick a été nommé à son commandement », a-t-il précisé.

L’officier du Hezbollah a également montré qu’il connaissait la chaîne de commandement du niveau des divisions aux plus petites compagnies.

Des travailleurs créant un mur près de la frontière libanaise au kibboutz de Hanita le 22 mars 2017, en Israël (Crédit : Judah Ari Gross / Times of Israel)

Des travailleurs créant un mur près de la frontière libanaise au kibboutz de Hanita le 22 mars 2017, en Israël (Crédit : Judah Ari Gross / Times of Israel)

Il a montré ce qu’il a dit être le « site de presse de la Galilée israélienne, qui contient le plus grand système d’espionnage et de surveillance ».

À un moment donné, la caméra se concentre sur une jeep militaire israélienne conduisant sur une route de montagne qui ne semblait pas être trop loin.

« Pendant l’année écoulée, l’ennemi a commencé à construire des fortifications, des obstacles et des moyens de défense étendus pour empêcher les personnes d’avancer vers lui », a-t-il affirmé.

« L’ennemi assume que la résistance [Hezbollah] utilisera cette zone pour pénétrer dans ses colonies, mais je n’adopte pas [cette position] », a-t-il ajouté.

Le Hezbollah a également montré une partie de ses armes, invitant les photographes à prendre des photos de leurs hommes armés.

La tournée de jeudi a cherché à dépeindre Israël comme un pays ayant peur d’un nouveau conflit, tout en montrant que le Hezbollah était prêt pour une guerre avec Israël même si des milliers de ses combattants ont été envoyés en Syrie pour renforcer la position du président syrien Bashar al-Assad.

UN combattant du Hezbollah posent dans un champ près de la ville de Niagara sur la frontière libano-israélienne le 20 avril 2017. (Crédit : AFP PHOTO / JOSEPH EID)

UN combattant du Hezbollah posent dans un champ près de la ville de Niagara sur la frontière libano-israélienne le 20 avril 2017. (Crédit : AFP PHOTO / JOSEPH EID)

Les journalistes ont été emmenés dans la ville du sud de Naqura au Liban, où des combattants du Hezbollah en tenue militaire étaient stationnés le long de la route à côté du drapeau jaune du groupe – malgré une interdiction officielle de toute présence paramilitaire armée dans le sud du Liban.

En tenue de camouflage et portant des lunettes de soleil, ils se tenaient silencieusement en tenant des armes à feu et des lanceurs de RPG.

Sur la ligne de démarcation, où officiellement patrouillent armée libanaise et casques bleus de l’ONU, la tension n’était pas perceptible. L’odeur du thym sauvage et des fleurs jaunes d’ajoncs embaumait l’air.

Les combattants du Hezbollah posent dans un champ près de la ville de Niagara sur la frontière libano-israélienne le 20 avril 2017. (Crédit : AFP PHOTO / JOSEPH EID)

Les combattants du Hezbollah posent dans un champ près de la ville de Niagara sur la frontière libano-israélienne le 20 avril 2017. (Crédit : AFP PHOTO / JOSEPH EID)


Alors que le Hezbollah est disert sur les mesures prises par Israël, il reste muet sur ses propres préparatifs de guerre, tout en insistant sur leur capacité à combattre si une guerre éclatait.

Certains analystes estiment qu’il sera difficile pour le Hezbollah de combattre sur deux fronts, la Syrie et Israël, d’autres font remarquer que ses combattants ont gagné en expérience avec la guerre en Syrie.

Sur les moins de 50 kilomètres de frontière pour lesquels la 300e Brigade régionale est responsable, Israël a effectué des travaux sur des « milliers de kilomètres », a révélé le chef d’ingénierie d’Israël, le major Eliyahu Gabay, au Times of Israël dans un récent entretien.

L’officier du Hezbollah a déclaré que l’armée a enlevé la verdure sur la pente d’une montagne, créant une zone ouverte de 1 600 mètres de long et 7 à 15 mètres de long.

« C’était tout vert », a déclaré l’officier.

Il a également déclaré qu’Israël avait formé un bloc de terre de 8 à 10 mètres de haut entre les villes israéliennes de Hanita et Hamra « destiné à empêcher le passage ».

Selon Gabay, le groupe terroriste surveille constamment les efforts de l’armée pour renforcer les moyens de défense. « C’est normal, c’est une routine, c’est régulier » que ces combattants viennent à la frontière pour regarder nos progrès, a-t-il conclu.

Judah Ari Gross et l’AFP ont contribué à cet article.