Les responsables israéliens et syriens pointent de plus en plus du doigt le Hezbollah comme probable responsable de l’attaque de mardi contre des troupes israéliennes le long de la frontière avec la Syrie.

Mais de nouveaux documents, probablement fuités par le régime de Damas, ont révélé que le groupe terroriste chiite avait transmis des messages apaisants à Israël, demandant à la Russie d’assurer à Jérusalem qu’il n’attaquerait pas.

Lors d’une rencontre entre le vice-ministre des Affaires étrangères russe Michail Bogdanov et son homologue syrien Faisal Miqdad à Moscou, le 22 mai 2013, le dirigeant russe aurait transmis un message du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah.

Nasrallah aurait confié à Bodganov : « Vous pouvez dire aux Israéliens que l’endroit le plus calme sur terre est la frontière sud du Liban, car notre attention se porte sur ce qui se passe en Syrie. Nous n’avons aucune intention de faire quoi que ce soit dans cette région. »

« Les frères en Syrie sont ceux qui ont besoin de [nos] armes à présent », aurait ajouté Nasrallah.

Le document fait partie d’une fuite massive de plus de 50 000 correspondances protocolaires et sensibles publiées mercredi.

Le « Damas Leaks » a été mis à jour par l’ONG Masarat et repris par le quotidien saoudien A-Sharq Al-Awsat et d’autres médias anti-Assad, qui présentent ce document comme une preuve accablante contre le Hezbollah.

L’authenticité du document n’a toutefois pas pu être confirmée par des sources indépendantes.

Pendant ce temps, un porte-parole des forces rebelles syriennes a déclaré mercredi à la deuxième chaîne que des militants du Hezbollah en Syrie étaient en réalité derrière l’attaque à la bombe de mardi, qui a blessé quatre soldats à bord d’une Jeep.

« Des agents du Hezbollah se sont infiltrés sur plusieurs centaines de mètres [à l’intérieur d’Israël] », a affirmé l’officier sous couvert d’anonymat, « et ont déposé un appareil explosif activable à distance. »

Les forces du Hezbollah sont suspectées de combattre massivement aux côtés des forces du président syrien Bachar Al-Assad.

Le général de division (réserviste) Amos Yadlin, ancien chef du renseignement militaire de l’armée, a également affirmé à la deuxième chaîne qu’il pensait que le Hezbollah était derrière l’attaque.

Celle-ci pourrait être une réplique aux récentes frappes israéliennes supposées contre un convoi d’armes syrien dans la plaine de la Beqaa, visiblement destiné à l’organisation terroriste.

Toutefois, Yadlin, ajoute que « les liens entre la Syrie et le Hezbollah sont devenus tellement forts qu’il est parfois difficile de faire la distinction entre les deux. »

Mercredi matin, l’Armée de l’Air a mené plusieurs frappes contre des positions militaires syriennes dans le plateau du Golan.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé que les frappes visaient des unités impliquées dans l’attaque de mardi.
« Notre politique est très claire », a déclaré Netanyahu. « Nous attaquons ceux qui nous attaquent. »

Les responsables syriens ont affirmé que les attaques avaient tué un soldat et en avaient blessé sept. Ils ont prévenu que de telles actions israéliennes « mettaient en danger la sécurité et la stabilité de la région. »

Yadlin a toutefois estimé sur la deuxième chaîne qu’il n’y aurait pas de représailles significatives de la Syrie.

Il a cité d’autres cas dans lesquels Israël est soupçonné d’avoir mené des attaques en territoire syrien – notamment le bombardement de 2007 contre une installation nucléaire supposée ainsi que diverses attaques contre des convois d’armes possiblement destinés au Hezbollah – comme des exemples bien plus néfastes à la Syrie, qui n’ont malgré tout pas suscité de réponse.

Selon lui, Israël doit gérer « le difficile équilibre entre le besoin de renforcer sa dissuasion… et de restreindre toute escalade – ce que personne ne veut voir se produire. »

Le porte-parole des rebelles a confirmé que la Syrie ne répliquerait pas.
« Le régime n’osera pas répondre militairement. Il se justifiera et dira encore et encore qu’il répondra à l’avenir », a-t-il soutenu. « Il ne peut pas répondre. »