Les Israéliens qui travaillent dans les options binaires ont eu de quoi méditer durant Yom Kippour, avec les arrestations qui ont commencé, et l’Autorité des titres israélienne (ATI) a déclaré qu’une rafle auprès des sociétés frauduleuses est « une priorité nationale ».

Les autorités fiscales israéliennes ont annoncé lundi que deux hommes, Haim Toledano et Saar Pilosof ont été arrêtés car suspectés de dissimuler aux autorités des millions de shekels via des sociétés fictives à l’étranger.

Toledano et Pilosof ont été arrêtés il y a environ deux semaines mais leurs identités étaient sous embargo judiciaire, embargo qui a été levé lundi.

Au registre des commerces israéliens, Toledano est le directeur de Togya Media Ltd, anciennement connu sous le nom d’UFX Ltd. La société siège dans un building de Tel Aviv, sur Hamasger Street. Des centaines d’employés appellent des clients à l’étranger au nom d’UFS et d’Ubinary, des marques de trading. UFX propose du trading forex, tandis qu’Ubinary propose des options binaires. UFX a fait l’objet d’avertissements de la part de régulateurs au Canada, et Ubinary d’Australie.

Chez Toyga : capture d'écran de la page Facebook de Toyga, qui montre les employés d'un call center , et la marque UFX apparaît sur un écran (Crédit :capture d'écran)

Chez Toyga : capture d’écran de la page Facebook de Toyga, qui montre les employés d’un call center , et la marque UFX apparaît sur un écran (Crédit :capture d’écran)

Le 12 avril 2016, la Securities Commission de Nouvelle-Écosse (Canada) a écrit qu’elle « met en garde les investisseurs au sujet d’UFX.com, ufxmarkets.com et Reliantco, qui offrent des solutions de trading en ligne et des options binaires aux résidents de Nouvelle-Écosse. Au moins un résident ayant répondu à une publicité sur Facebook, a utilisé une carte de crédit, et a perdu une somme importante d’argent. »

Des avertissements similaires contre l’UFX.com ont été émis par d’autres provinces canadiennes.

L’Australien Securities Commission a émis un avertissement au sujet d’Ubinary.com, stipulant que « l’ASIC pense que cette société est partie intégrante d’une arnaque. Ne faites pas affaire avec cette entreprise, étant donné qu’elle n’est pas reconnue en Australie. La société… a appelé de manière spontanée ou a envoyé des courriels au sujet d’investissements, de conseils financiers, de crédits, de prêts, et n’est, à ce jour, pas titulaire d’une licence des services financiers australiens (AFS) ni d’une licence d’Australian Credit (ASIC) »

Le Times of Israel n’a connaissance d’aucune preuve permettant d’affirmer que Toyga ou UFX ne soient impliquées dans des activités illicites en Israël.

Toledano et Pilosof ont été libérés sous caution, qui s’élevait à 500 000 shekels (118 000) chacun, avec une garantie tierce de 250 000 shekels (60 000 €), et interdiction de quitter le territoire, selon les autorités fiscales.

Les résidences et bureaux des suspects ont été fouillés, et les autorités ont mis la main sur un coffre-fort contenant environ 600 000 shekels en espèces et des ordinateurs confisqués, ainsi que sur des documents, selon un communiqué des autorités fiscales

Ils sont tous deux suspectés d’avoir enregistré plusieurs sociétés dans les paradis fiscaux d’Anguilla, de Belize et dans les Iles Vierges britanniques, afin de dissimuler leur propriété et éviter de payer des impôts en Israël.

Le site internet de ParagonEx, fournisseur de plate-forme technologique, selon le site d’UFX, et dont le profil LinkedIn de Pilosof semble montrer qu’il en est le fondateur, est liée à une adresse sur l’île de Man, un autre paradis fiscal bien connu.

Capture d'écran du site ParagonEx (Crédit : paragaonex.ccom)

Capture d’écran du site ParagonEx (Crédit : paragaonex.ccom)

Ils ont tous les deux manqué à leur devoir en ne déclarant pas leur sociétés ni les comptes qu’ils détiennent à l’étranger, ainsi que les millions de shekels de bénéfices gagnés en dehors d’Israël en 2012-2014.

L’autorité fiscale a établi que les arrestations font suite à la diffusion des noms de Toledano et Pilosof, tels qu’ils sont apparus dans la Panama Papers, une fuite importante au début de l’année, dévoilant des informations inhérentes à des dizaines de millions de compagnies offshore, notamment le nom des bénéficiaires.

Des dizaines d’Israéliens, mentionnés dans les Panama Papers montrent qu’ils ont un lien avec ParagonEx Ltd, une île britannique offshore, ainsi que l’UFX Market Global Inc., enregistré aux Anguilla britanniques.

Rafle auprès des sociétés frauduleuses

Depuis quelques mois, le Times of Israel s’est attelé à détailler les énormes fraudes que sont les sociétés d’options binaires en Israël, à commencer par « Les loups de Tel Aviv », en mars.

Bien que toutes les compagnies proposant des options binaires ne fraudent pas, celles qui prétendent proposer du conseil à leurs conseils pour pouvoir investir de manière lucrative dans le long terme, mais qui, en réalité, mettent en œuvres des ruses, notamment la falsification, en manipulant des plate-formes de trading truquées, refusant de rembourser les investissements, volant l’argent de leur clients. Des milliers d’Israéliens travaillent dans l’industrie des options binaires, la majeure partie étant frauduleuse, avec un turn-over annuel estimé à des centaines de millions, voire des milliards de dollars.

L’ATI a interdit aux sociétés d’options binaires de cibler les Israéliens, mais les sociétés sont libres de chercher des clients à l’étranger. L’ATI a refusé de nombreuses demandes de licences de sociétés de forex également.

Les États-Unis ont également interdit aux sociétés étrangères de cibler leurs citoyens, et de nombreux pays, notamment les États-Unis, le Canada et la France enquêtent sur la fraude aux options binaires basées en Israël au nom de leurs citoyens qui ont fait les frais de ces arnaques. En aout, la Belgique est devenue le premier pays européen à interdire cette industrie.

Un porte-parole des autorités fiscales israéliennes a déclaré au Times of Israel cette semaine que d’autres sociétés impliquées dans les Panama Papers sous soumises à des enquêtes, et l’on peut s’attendre à d’autres arrestations. Les arrestations sont basées sur des suspicions d’évasion fiscale, et non pas sur des pratiques supposément frauduleuses de la part des sociétés d’options binaires ou de forex. La porte-parole n’a pas dévoilé si des arrestations inhérentes à l’industrie des options binaires ou du forex sont à prévoir. Des centaines d’Israéliens actionnaires et bénéficiaires dans les options binaires sont nommés dans les Panama Papers.

Les arrestations de Toledano et Pilosof pour suspicion d’évasion fiscale font suite aux arrestations du 22 septembre de trois anciens courtiers pur la société de trading en ligne, aujourd’hui suspendue, Utrade. Utrade était une société de forex dont on suspectait les courtiers de tromper les clients. Le propriétaire de la société, Aviv Talmor, avait également opéré plusieurs sociétés d’options binaires pour cibler de clients à l’étranger.

Lorsque l’on demande si les arrestations serviront de précédent pour les propriétaires, mais également pour les vendeurs d’options binaires mensongères et des sociétés de forex peuvent être arrêtés, la porte-parole de l’ATI réplique : « nous n’avons pas le droit de parler de nos enquêtes ».

Cependant, dit-elle, l’ATI cherche à renforcer les mesures à l’encontre des industries frauduleuses d’options binaires, et agit actuellement conjointement avec la police, le ministère de la Justice et le procureur général pour déclencher tout cela.

Itzik Shurki de l'Autorité israélienne des titres, responsable de la supervision des plateformes de négociation (Crédit : autorisation)

Itzik Shurki de l’Autorité israélienne des titres, responsable de la supervision des plateformes de négociation (Crédit : autorisation)

Pendant ce temps, les victimes qui pensent avoir été escroquées par une compagnie opérant depuis Israël doivent se rapprocher du régulateur de leur pays, qui pourra ensuite s’adresser au régulateur israélien, qui enquêtera sur leur affaire, explique l’ATI.

« Nous invitons et encourageons tous ceux qui se considèrent victimes des options binaires à se rendre auprès de leur régulateurs qui se mettront en contact avec nous », a déclaré Itzik Shurki, directeur de la Supervision des plateformes d’échanges et de transactions de l’ATI.

« Nous seront heureux d’aider, nous voulons aider, et nous encourageons les victimes à se manifester. »