En 1923, Einstein et son épouse Elsa se sont rendus en Palestine pour une visite historique. Einstein a reçu un accueil royal et la foule s’était mis à scander en son honneur : « Voici le Messie ».

Le scientifique a résumé sa visite non sans humour dans un journal de voyage, qui est devenu aujourd’hui la base du documentaire « Einstein en Terre Sainte », rapporte le journal Haaretz.

Einstein s’est rendu en terre d’Israël par le train. Sa première visite fût consacrée à Jérusalem et l’expérience fût pour lui difficile. Rebuté par l’agitation, la pauvreté et la saleté, il fît une description sévère des Juifs de la ville qui  n’ oeuvraient pas au changement de leur destin.

Einstein, qui a interprété le sionisme comme une oeuvre de recherche et d’apprentissage, était en colère face à la stagnation et à la sanctification des traditions.

Ses impressions sur la ville de Jérusalem s’améliorèrent lors de la visite du futur emplacement de l’Université hébraïque ainsi que celle des nouveaux quartiers juifs nouvellement construits de Talpiot et de Beit Hakerem.

Hadassah Gur, épouse de Edwin Samuel, fils du Haut Commissaire Herbert Samuel, a accompagné Albert et Elsa Einstein lors de leur visite à Jérusalem. Einstein fût impressionné par sa beauté et sa compagnie très agréable.

Arthur Ruppin et son épouse Chana ont également rencontré Einstein durant sa visite et ce dernier développa avec Chana une relation qui aurait pu dépasser le simple flirt.

Ben Hagai, le réalisateur du documentaire explique qu’il a aimé trouver dans le journal un aspect très personnel d’ Einstein, dont le désir sexuel n’est pas absent.

« J’ai pu jeté un regard sur ce qui se passait dans ce cerveau supérieur alors qu’il n’était pas en train de percer les secrets de l’univers. Il était excité et touché de voir de robustes juifs occupés à effectuer du travail manuel, mais aussi par les belles femmes qu’il a pu rencontrer et avec qui il a également flirté tandis que sa femme Elsa était à proximité. »

Mais au fil des pages du journal, c’est l’un des tournants du documentaire, le ton enjoué se meut dans des tonalités plus graves. Einstein s’avère être un pacifiste, un humaniste bouleversé par les défilés militaires et le développement des sentiments nationalistes.

Einstein s’était défini lui-même comme un sioniste, mais ne cachait pas ses critiques pour d’autres formes de sionisme, signant par exemple une pétition contre Menahem Begin, le qualifiant de fasciste et décrivant son parti Herut comme le phénomène le plus inquiétant de son temps.

« J’ai peur des dommages que peut parfois créer le judaïsme – en particulier le développement d’un nationalisme étroit dans nos propres rangs », écrit Einstein.

« Les deux grands peuples sémitiques ont un grand avenir commun… L’attitude que nous adoptons envers la minorité arabe est un véritable test pour nos valeurs morales en tant que peuple. Une solution juste de ce problème et digne pour ces deux nations est un objectif importante. »